37ème édition Jazz à Vienne :

Ce qu'il s'est passé le mercredi 12 juillet 2017

 

 

f-robin-110x110 Le croquis et la chronique de François Robin

 

Herbie Hancok. Le lion sur le sol.

170712-herbie-hancock-fr-600x371

Kronos!

Sur l'arrière du synthétiseur, ces lettres blanches s'affichent avec fierté comme les néons d'un night-club, barrant sur mon dessin le génial pianiste Herbie Hancock. Kronos. Le Roi des Titans. Indétrônable! Voir la suite . . .

 

Voir le blog de François Robin

trait-gris-fonce-600x10

daniel-peyreplane-110x110 Du coin de l'œil de Daniel Peyreplane

 

170711-divers-cybele-2314


trait-gris-fonce-600x10

Sur la scène de Cybèle

L'Académie de Jazz à Vienne : stage intermédiaire

170712-01-stage-intermediaire-cybele-17386-600x204

Ce big band est musclé avec neuf saxophones, une flûte, trois trombones, deux clarinettes, une trompette, un basson, un euphonium, un accordéon, des percussions, trois guitares, une section rythmique.
Les professeurs présents sur scène sont Carine Bianco, Ghislain Regard, Nicolas Bianco et Rémi Bulot. Le jeune batteur Adrien Bernet (du 2PM4tet ) est venu prêter main forte.
Ce stage de quatre jours a travaillé un répertoire de Duke Ellington.
In a mellow tone débute le set.
Caravan démarre avec un somptueux solo de flûte avant d'être rattrapé par l'orchestre et le thème si connu.
Black and tan fantasy qui swingue bien (le public s'est mis spontanément à battre la mesure).
Arrivent ensuite deux thèmes moins connus Suburban beauty et Such sweet thunder avec un magnifique final au piano.
Le final se fait sur Limbo Jazz qui met tout le monde d'accord.

Pascal Derathé & photos Jazz-Rhone-Alpes.com


trait-gris-300x11

L'Académie de Jazz à Vienne : stage Gospel

170712-02-stage-gospel-cybele-17391-600x206

Avec son fidèle pianiste Pascal Horecka la chanteuse Sabine Kouli a animé le stage Gospel (cela devient une tradition). Dix-huit stagiaires cette année dont trois hommes.

Huit morceaux composent ce set dont un solo de Sabine sur Wisdom avec la complicité de Nicolas Bianco à la contrebasse.

Laeticia, Arianne et Aline (la benjamine du groupe) sont passées sur le devant de la scène pour des soli.

Pascal Derathé & photos Jazz-Rhone-Alpes.com


trait-gris-300x11

Ella Project

170712-03-ella-project-cybele-28560-600x217

Quand une chanteuse s'essaie à un set complet de titres d'Ella Fitzgerald et que l'on voue une admiration sans borne à cette grande dame, cela nécessite que l'on prête  une oreille attentive  à cet essai: essai au sens littéraire du terme, c'est-à-dire en proposant des approches diversifiées des titres choisis. L'approche est différente, d'abord parce que de jeunes musiciens du XXIème  siècle ne jouent pas comme il y a soixante ou soixante-dix ans en arrière, ensuite parce que la chanteuse crée ses propres scats, ce qui est en soi fort intéressant, et lorsqu'elle reprend, fort bien d'ailleurs, intégralement le scat d'Ella sur un titre, on est alors dans le domaine de la citation et de l'hommage. Pour le reste on ne peut qu'apprécier le travail et le talent de Clémentine Vacher qui réussit à faire passer ses propres émotions sous une forme expressionniste, avec cette tension que donne l'appréhension qu'elle peut ressentir devant l'ampleur du défi personnel que représente ce projet. Il aura fallu à la chanteuse, pour réussir, de l'humilité, beaucoup d'admiration pour Ella et une bonne dose d'enthousiasme. Tout cela réuni donne cette tension intérieure qui passe dans l'interprétation de Imagination, How High the Moon ou Cheek to Cheek,  et qui a su, au travers des émotions transmises, trouver et toucher le cœur du public.

Michel Mathais & photos Jazz-Rhone-Alpes.com

(Clémentine Vacher : voix ; Paul Lamarca : piano ; Juliette Frank : contrebasse ; Nicolas Thé : batterie)

trait-gris-300x11

Possible(s) Quartet

170712-04-possibles-quartet-cybele-17416-600x222

Ce quartet de musiciens de jazz qui existe depuis 2012 fait partie de ces formations largement innovantes qui, en suivant le chemin tracé par son leader Rémi Gaudillat, oscillent en permanence entre jazz, musique contemporaine et musiques improvisées sans jamais renier leur origine : la musique de jazz.

Cette musique de confins est très apparente dès le premier titre Chasser le culturel, il revient en tango, l'une des rares compositions qui ne soit pas du leader mais de Laurent Vichard. Ça commence comme un quatuor contemporain, puis le trombone rapatrie le jazz de sa voix profonde, les trompettes se bouchent alors, puis la clarinette basse tangue avant la reprise finale en quartet. Les titres sont en général très évocateurs, l'Armée des poètes, La tendresse de la sauterelle (à un ami défunt), Les poilus, Du mouvement. La musique peut être descriptive ou abstraite, chaleureuse ou glaçante suivant la nécessité du propos, mais toujours avec une dimension poétique prégnante, tout au long du concert. L'ensemble contribue fortement à cette atmosphère hors du temps, qui rend les productions de ce groupe si attachantes.

C'est une musique très écrite, où les interactions entre les musiciens sont primordiales, mais qui n'exclut pas de larges plages d'improvisation. La relation avec le public est importante et ses réactions sont bien prises en compte par les musiciens. Le cadre de la scène de Cybèle favorise ce genre de communication entre public et artiste, une communication qui est vitale pour la musique du Possible(s) Quartet.

Michel Mathais & photos Jazz-Rhone-Alpes.com

(Rémi Gaudillat, Fred Roudet : trompette, bugle ; Loïc Bachevillier : trombone ; Laurent Vichard : clarinette basse)

 

trait-gris-300x11

Hichem Khalfa Quartet

170712-05-hichem-khalfa-quartet-cybele-17424-600x204

Hichem Khalfa quartet est venu nous présenter son deuxième album, "Réminiscence" publié en mars 2017,  à Montréal. Cet album fait suite à "Histoires sans mots" un premier album remarqué, sorti en mars 2015.

Né à Argenteuil, après des études de trompette dès l'âge de sept ans en France, et après deux années à l'école des hautes études de Musique de Genève, Hischem Khalfa part à Montréal. Il décide de monter un quartet avec Jérôme Beaulieu au piano, et dans sa plus récente distribution Rémi-Jean Leblanc à la basse, Dave Croteau à la batterie.

Mélange de jazz fusion, de rythmes groovy, de rock and roll et de piano psychédélique (joué par l'excellent Jérôme Beaulieu), cette musique lancinante, obsessionnelle, avec des belles compositions, des rythmes hyper répétitifs, des mesures composées, des marquages rythmiques multiples, se boit sans soif et se déguste sans modération.

Nous sommes dans l'hypnose et la danse tout à la fois. Il est assez clair que ce quartet repose d'abord sur la collaboration d'un pianiste et d'un trompettiste. Ils se sont bien trouvés. Batteur et bassiste font bien leur travail, avec un jeu pulsatif et puissant, mais leur chorus sont un peu rares. Jérôme Beaulieu au piano électrique est  assez fascinant et la trompette d'Hichem emmène loin !

Le public ne boude pas son plaisir, et s'embarque volontiers dans les rêves et les tempos appuyés du quartet. 

Bernard Otternaud & photos Jazz-Rhone-Alpes.com

 

trait-gris-300x11

Feeling band

170712-06-feeling-band-cybele-17447-600x203

Damien Gomez dirige le jazz à l'école de musique de Chasse-sur-Rhône, et il fait bosser ses élèves : il présente deux projets à Cybèle. Après l'hommage à IAM il fait jouer ce soir le Feeling Band. Grosse formation bien cuivrée qui reprend des standards d'Amy Winehouse, de Stevie Wonder et de la Motown. Que du bon quoi ! Et ça envoie bien.

Pascal Derathé & photos Jazz-Rhone-Alpes.com

trait-gris-300x11

Sheebam

170712-07-sheebam-cybele-28748-600x237

Sheebam c'est donc un duo à la composition originale : voix et sax baryton. Sur le papier ça sonne austère. En live il en est tout autre. Vanessa Dumont et Damien Gomez reprennent le répertoire de Gainsbourg avant Gainsbarre. Et ça le fait. La demoiselle est avenante, avec une voix agréable et sait se servir de ses trucs électroniques qui complètent sa prestation. De son côté, Damien Gomez assure "grave" avec son seul sax baryton.

Au final un set chaleureux où l'on retrouve les tubes intemporels du grand Serge : Black Trombone, Le Poinçonneur des Lilas, La Javanaise, Ces petits riens, etc.

Un public très nombreux (difficile de circuler près du Kiosque) a adoré, et nous avec.

Pascal Derathé & photos Jazz-Rhone-Alpes.com

trait-gris-300x11

Les Improvisations Picturales

Aujourd'hui les impros picturales se mettent au goût de la programmation du JazzMix et proposent une jam picturale. Chaque toile est créée par plusieurs paires de mains : un peintre confirmé et des enfants.

impros-picturales-2017-170712-600x360


 

trait-gris-fonce-600x10


Au Théâtre Antique en soirée

Donny McCaslin

170712-08-donny-mccaslin-ta-28697-600x213

Après leur participation à l'album Blackstar de David Bowie, Donny McCaslin, Nate Wood (batterie) et Jason Lindner (claviers) ont voulu rendre un hommage posthume à l'artiste dont la personnalité, l'inventivité et l'humanité les avaient marqués, voire transformés.

Let's Dance a marqué toute une génération de musiciens de par le monde. Ce morceau était la base du "nu electronica jazz vibe", nouvelle direction qu'a pris McCaslin. Tim Lefebvre a assuré la basse sur l'album et sur scène Jonathan Maron le remplace. L'album "Beyond Now" sera la trame sur laquelle s'appuie ce concert.

Donny McCaslin n'avait pas participé à Jazz à Vienne depuis 2008 (en tant que sax solo de Maria Schneider, voir ici). Shake Loose ouvre le concert, démarrage puissant et d'emblée Donny met la gomme avec son sax vitaminé bien secondé par ses acolytes. Ils interprètent ensuite un nouveau morceau qui permet à Jason Lindner d'exprimer sa virtuosité sur trois claviers.

Puis c'est une belle reprise de Lazarus de Bowie avec un étonnant duo saxo clavier/ synthé.

C'est ensuite une composition de Donny, Glory qui démarre avec un beau solo de basse de Jonathan Marmor et se poursuit par un solo de claviers avec des effets de loop.

Vient ensuite un medley de Fast future et d'un morceau de l'album "Lodger" de Bowie. Le son est très électro, puissant, planant. Donny est à fond, la musique lui sort de tous les pores, elle explose et nous submerge. Ses complices ne sont pas en reste et tout aussi impliqués lors de ce moment intense.

Ils terminent par une dernière reprise de Bowie, Look back in anger de 1979, sur laquelle ils font passer leur admiration pour leur pygmalion.

C'était un moment fort.

Chérif Méflah & photos Ilsen Tabere

trait-gris-300x11

Herbie Hancock

170712-09-herbie-hancock-ta-28713-600x225

"Les critiques sont comme les eunuques: ils savent mais ne peuvent pas."
Sacha Guitry




Qu'ai-je entendu ? Qu'Herbie Hancock (claviers, piano à queue Fazzioli) et ses musiciens (James Genus à la basse, Lionel Loueke  à la guitare,  Vinnie Colaiuta à la batterie et Terrace Martin, le multi instrumentiste, ce soir aux claviers et au saxophone) auraient mis trois ou quatre morceaux pour se trouver ?

A part Terrace récemment engagé, Herbie Hancock joue avec les autres musiciens depuis dix ans (avec Genus) et plus (avec Lionel). Ils se connaissent par cœur, se surprennent avec bonheur, s'observent, se guettent... Comment pourraient-ils se manquer ? Terrace Martin boit littéralement des yeux et des oreilles Herbie dans ses chorus. Herbie Hancock admire visiblement de toutes ses fibres son bassiste et son guitariste, qui le lui rendent bien. "Vinnie Colaiuta , c'est notre arme secrète" dit Herbie Hancock. Vinnie, c'est  un batteur plutôt rock au départ, au jeu puissant, carré. Il "tient la baraque" si tant est qu'elle ait besoin d'être tenue, habitée qu'elle est par des rythmiciens éblouissants, hors pair, innovants au possible. Comment un tel quintet pourrait il "se chercher" ?

Non ! Dès les premières mesures, tant par la  clarté et la beauté des sons, la limidité des rythmes, la maîtrise des nouveaux arrangements, nous entendons que les musiciens se sont trouvés, et qu'ils n'ont plus rien à prouver, mais uniquement à partager avec le public leur plaisir et leur bonheur de jouer ensemble.

Bien sûr ce n'est pas du jazz à papa. Herbie et son équipe ne font pas la musique d'hier. Mais celle d'aujourd'hui. Dans la ligne du grand innovateur Miles Davis et dans l'esprit de création de Wayne Shorter ! Va-t-on reprocher à Hancock ses rythmes funky, ses tourneries groovy ? Il  valait mieux ne pas venir ! Pourquoi se faire du mal ? Va-ton lui reprocher des sons techno, électroniques, le jeu de vocodeur (ah ! il aurait moins bien réussi commercialement dans ce domaine  ! Certes ! Mais Herbie s'en moque ! Il persiste le bougre, innove, transfigure cet outil de la pure technique électronique pour en faire un instrument à part entière, à qui il confie des harmonies sublimes, des modulations incroyables, des notes inattendues mais ô combien mélodiques dans les chorus ! Et quand il en joue avec son  complice Terrace et que Lionel y mêle son "harmonizer" (il harmonise sa voix par cet artifice) nous entendons une musique du ciel. Après cela certains diront : ah le vocodeur c'est vulgaire- parce qu'ils n'ont entendu que des mésusages de son parent pauvre l'auto-tune, comme ils vont décrier le clavier portable, alors qu'Herbie Hancock en tire des chorus éblouissants et met l'amphithéâtre en transe !

Chacun de ses chorus au piano est un éblouissant condensé de son savoir-faire rythmique et harmonique. Et si le maître s'entoure de plus jeunes et talentueux musiciens, c'est dans un esprit de renouvellement qu'il faudrait tout de même saluer !

Et le travail de fond, souvent méconnu ! Les thèmes enchevêtrés -Texture,  mêlé à Butterfly-, réarrangés -Chameleon par exemple- et une nouvelle grille pour Cantaloupe Island qui permet toutes les acrobaties rythmiques, toutes les prises de risque.

Messieurs les critiques, quelques-unes de ces prises de risques retombent bizarrement ? C'est tout ce que vous avez retenu du concert ? Pour ouvrir vos oreilles, il vous faut un peu oublier votre culture, lâcher un peu la lecture analytique pour jouir vraiment de cette musique. Nous pouvons retenir aussi de ce concert qu'un jeune homme de soixante-dix sept ans a mis dans un état de communion joyeux et splendide un amphithéâtre qui réunissait quelques six mille personnes.

C'est un peu plus que votre "Peut mieux faire" ! Non ?

Bernard Otternaud & photos Ilsen Tabere

trait-gris-fonce-600x10

Au JazzMix

Jason Lindner Electronic : jam session

170712-10-jason-lindner-jam-jazzmix-28764-600x198

Habitué du Théâtre Antique et du JazzMix, Jason Lindner fait ce soir une double récidive en accompagnant Donny McCaslin en haut, et en prenant les manettes en bas, le tout au côté de son acolyte, le batteur Nate Wood. En 2009, Lindner était venu présenter son "Now vs. Now" au Magic Mirror. Il revient aujourd'hui avec un nouveau projet tout aussi électronique, tout aussi free, tout aussi complexe.

En bon visiteur de l'espace, Lindner est le roi des nappes atmosphériques et des sons intergalactiques. En bon beatmaker, Nate Wood l'accompagne dans son voyage, oscillant entre basse et batterie, posant un sol fébrile aux hallucinations auditives de Lindner. Aux commandes des nombreuses manettes de son vaisseau de l'espace 3.0, le stormtrooper Jason tente d'hypnotiser la salle d'une foultitude de notes distordues et dissonantes qui rappellent lointainement un gameplay de Space Invaders en accéléré.

Quand ils sont rejoints un peu plus tard par Guillaume Perret, le free jazz est à l'honneur, à l'image des plus grandes soirées d'anthologie du JazzMix : un jazz alternatif puissant et extrêmement déroutant qui embarquera dans son voyage les adeptes les plus perchés de "2001, L'odyssée de l'Espace".  

Claire Jalmain & photos Jazz-Rhone-Alpes.com

trait-gris-fonce-600x10

trait-gris-fonce-600x10

La galerie de photos de Jazz-Rhone-Alpes.com

Les concerts du mercredi 12 juillet 2017 à Vienne


L'Académie de Jazz à Vienne : Intermédiaire ; Ella Project ; Possible(s) Quartet ; Hichem Khalfa 4tet ; Feeling band ; Sheebam ; Donny McCaslin ; Herbie Hancock ; Jason Lindner Electronic jam session

 

(Les photos publiées ici ne sont pas libres de droit et appartiennent à leurs auteurs qui seuls peuvent vous accorder un droit de reproduction. Si vous souhaitez en utiliser une ou plusieurs, prendre contact avec la rédaction de Jazz-Rhone-Alpes.com)

 

Archives

Choisissez un n° ou une date ci-dessous pour voir les pages précédentes


Mis en ligne par l'association Jazz-en-Rhone-Alpes