(26) DrômePoët Laval Jazz

03/05/2019 – Le Trio Barolo et le Quartet « S » pour Nuée de Jazz à Dieulefit

L’association « Nuée de Jazz », du Poët-Laval, a donné le ton, ce vendredi 3 mai, avec son traditionnel concert de début de saison, dans la salle, maintenant bien habituée aux accents de jazz, de la Halle, à Dieulefit.

Concert et même double concert. La soirée avait en effet été articulée en deux parties, laissant la scène à deux mondes complètement différents, et dont le seul point commun était… le talent.

En ouverture, dès 19h30, le Trio Barolo a déclenché les hostilités – de celles dont on redemande. Le Trio Barolo, c’est un melting-pot, dans la restitution, d’un peu de voix d’opéra pointant au milieu de nombre de musiques du monde, de l’Albanie au Maroc, en fonction des pérégrinations du trio. La voix, c’est celle de Rémy Poulakis – un ténor de et à l’accordéon – une voix exceptionnelle à qui il fait faire ce qu’il veut. Au trombone, la force tranquille de Francesco Castellani assure aux côtés de Philippe Euvrard, derrière sa contrebasse, le compositeur de l’équipe, dont chaque morceau aura été une belle découverte.

C’est donc sur de la valeur sûre que l’association Nuée de Jazz avait misé d’entrée. Le morceau Mike P. , en hommage à Michel Petrucciani, est une merveille.

La salle a même eu droit à un bonus, une « guest star » pour laquelle même l’expression « cerise sur le gâteau » est insuffisante. Une musique qui faisait penser à celle des anges, un « ange » à qui on aurait confisqué sa harpe pour lui donner une clarinette. Que font les anges d’une clarinette ? Des merveilles de notes aériennes, des volutes de douceur qui n’ont donné que des frissons. Ah, j’oubliais ! Le nom de l' »ange » : Carjez Garretsen. Magique.

La salle était donc, déjà, dans les nuages lorsqu’à son tour, le Quartet « S » a foulé les planches de la scène. De l’ambiance « jazzopéra du monde », l’ambiance bifurquait dans l’électro-jazz sans tambour ni trompette – si, une batterie, quand même.

Jeune quartet décapant, « S », c’est d’abord Yann-Gaël Poncet – la « voix » qui, à l’occasion, joue merveilleusement bien du violon, c’est un Jean-Paul Hervé inouï à la guitare, Vincent Lafont aux claviers et Philippe Pipon Garcia qui rythme le quartet derrière ses drums. Le quartet aura emmené l’assistance au travers de son monde musicalement féerique, un monde ou le scat futuriste tient une part belle et haute.

Chaque année, l’association Nuée de Jazz  concocte un « apéritif-jazz », en amont de son désormais assis Festival du mois de juillet, d’une grande qualité. 2019 n’aura pas échappé à la règle, la soirée aura suffisamment mis l’eau à la bouche pour patienter – si tant est qu’on puisse – jusqu’à l’été.

Les 19, 20 et 21 juillet prochains, en effet, la Cour des Commandeurs se parera de ses plus belles couleurs pour accueillir ses rois et ses reines. Dès le vendredi 19, Nora Kamm, au sein du trio Dreisam, allumera les premières gerbes d’étincelles, suivie, ce jour-là, par le pianiste Yonathan Avishai et son ensemble. Le samedi 20, c’est le violon qui viendra nous rendre grâce, avec la venue de Théo Ceccaldi, lui aussi en trio. Et, en seconde partie, Yom fera vibrer sa clarinette, au sein des Wonder Rabbis. Et puis, le dimanche 21, l’apothéose sera partagée entre Jérémy Lirola – Mock the borders – et Raphaël Imbert (et son saxophone) qui terminera cette sixième édition du Poët  Laval Jazz Festival, événement majeur musical du paysage drômois.

L’affiche est belle, c’est le moins que l’on puisse dire, et promet trois soirées de folies en juillet prochain…

Ont collaboré à cette chronique :

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