(74) Haute SavoieJazz aux Carrés

03/11/2017 – Yves Robert Trio à Jazz aux Carrés (Annecy-le-Vieux)

Evidemment bien sûr ces trois-là on les connait… ils font assurément partie du paysage musical français et pas seulement « jazz ». De la formule du trio trombone – basse – batterie, ils l’ont déjà expérimenté, enregistrements et concerts, j’aime à me rappeler les éventuelles références du genre et là, les trios d’Albert Mangelsdorff et ceux de Ray Anderson sonnent encore dans ma mémoire et mettent la barre un peu haute…

Bien dans sa peau, la contrebasse de Bruno Chevillon est jouée de tous les doigts sur toute la longueur des cordes et même au-delà du chevalet, il donne, avec une virtuosité peu commune, le rythme, la couleur, le ton. Tout en délicatesse/finesse, la batterie/percussion de Cyril Atef se glisse dans le jeu avec une précision exemplaire du tempo, de la frappe. Le trombone précis lui aussi d’Yves Robert expose un thème cyclique, d’atmosphère puis une envolée soliste très mesurée, le rythme s’accélère jusqu’à se dédoubler, place à l’adresse des écarts de notes maitrisés et sans bavure aucune. Le leader la joue cabotin et son batteur complice nous la joue D.J., ils aiment user de leurs machines, de leurs ordinateurs. Shut Up and Play et il est certain que lorsqu’ils « play », c’est mieux… le batteur maitrise l’art des boucles, des samples qu’il envoie par un jeu de talons efficace sur le discours facétieux du patron. Démonstration de l’utilisation de l’archet avec une improvisation bien « musique contemporaine », le pizzicato qui nous est plus familier amène l’entrée des deux autres partenaires sur un tempo médium, le lyrisme arrive enfin celui qui parle de lui-même et qui nous fait voyager avec le trio.

Les deux ou trois premiers thèmes auront suffi à nous montrer l’affaire qui manque par trop d’âme, de sensibilité; la maîtrise ne fait pas tout le boulot, la musique est écrite, les improvisations qu’ils donnent ne sont pas si aventureuses, nous les perdons, où vont-ils, seuls… les facéties musicales et verbales sont inutiles, l’esprit n’y est plus et l’attention avec.      

Ont collaboré à cette chronique :

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