(38) IsèreJazz Club de Grenoble

08/03/2018 – Alfio Origlio / Dédé Ceccarelli / Rémy Vignolo Trio au Jazz Club de Grenoble

Un Jazz Club des très grands soirs. La salle Stendhal est bondée pour la belle occasion. Le record d’affluence a été battu.

Pensez donc la réunion d’un trio qui n’avait pas joué ensemble depuis plusieurs années !
Et quel trio !
Dédé Cecarrelli aux baguettes et mailloches, Alfio Origlio aux touches d’ivoire et plus rare encore Rémy Vignolo à la grand-mère et quelle grand mère.

Arrêtons un instant sur la contrebasse de Rémy. Elle présente une caisse noire différente de la table. En fait il s’agit du prototype de la SB21 du luthier stéphanois Patrick Charton. La contrebasse est entièrement démontable et peut facilement voyager en soute d’avion, mais surtout le son est excellent. On ne fait pas la différence avec une « vraie » contrebasse (pour en savoir plus https://www.charton-luthier.com/detail-sb21/). A l’issue du concert nous avons assisté au « rangement » de l’instrument, cela se fait en quelques minutes et sans outil. Bravo au luthier pour son ingéniosité et la qualité du travail.

Revenons aux musiciens, ces trois-là, donc, nous préparent un nouvel album qui serait disponible d’ici deux mois.

Le concert débute avec Didonade, un thème classique d’Alfio qui avait été présenté la première fois par ce même trio sur THE album « Ricordo » (2000) sorti il y a dix-huit ans déjà.

Le clan des siciliens d’Ennio Morricone est une des reprises phares du compositeur, il y en aura d’autres ce soir.

Suit une reprise très « origlioisée » d’une chanson « du sud de la France ». On reconnaît bien sûr l’hymne national. On se rappelle des versions de Django, de Louis Winsberg ou encore de Jean Lou Longnon (https://www.youtube.com/watch?v=nx4lfHZerCs). Ici on change de registre. Comme quoi le jazz peut puiser dans n’importe quel terreau.

Place ensuite à des compositions d’Alfio, reconnaissables dès les premières notes : Cirrus qui aurait pu figurer dans l’album « Wings and Notes » mais composé pour le Assaï Jazz Trio.

Viking Boat, encore une vieille composition d’Alfio complice de nombreux concerts et matière à raconter une plaisanterie liée à l’absence d’humour d’un certain saxophoniste norvégien. Ici Dédé nous régale d’une leçon de rimshots nerveux qui accompagnent à merveille un chorus de contrebasse tout en finesse.

Pour finir ce premier set ils nous emmènent sur un morceau au groove imparable, Tracteur paradise, il faut dire que Dédé s’y connaît pour lâcher les chevaux. Le trio devient horde.

Le second set reprend sur un thème de Morricone, décidément une belle source d’inspiration puis la reprise désormais classqiue dans le répertoire d’Alfio de Una lacrima sul viso puis Jacomo également issu de Ricordo.

Encore une référence indirecte à Ricordo qui rappelons-le a été enregistré pendant la coupe du monde de football de 1998 : Alfio voulait écrire ce thème mais manque de pot les Bee Gees l’ont devancé, qu’importe il nous livre sa version de How deep is your love. Sublime, riche, subtile. Mais ceci n’est qu’un prétexte à un chorus aux balais du Maître, il faut dire qu’il avait en face de lui une coalition piano / contrebasse qui le cherchait et le poussait dans ses retranchements.

Surprise, Alfio invite le jeune guitariste grenoblois Noé Reine pour un titre. Heureux jeune prodige qui a la chance d’être accompagné par un trio « de luxe ».

Noé reste pour une version très attendue de What a wonderful world. On sait que c’est un morceau cher à Alfio qui a mis du temps pour peaufiner sa version … et ça valait la peine d’attendre. Noé s’intègre au truc avec son pied à coulisse à six cordes.

Nous pourrons dire « nous y étions » car la réunion de ce trio est une pépite rarissime.

Ont collaboré à cette chronique :

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