(38) IsèreJazz à Vienne

03/07/2019 – Chick Corea & The Spanish Heart à Jazz à Vienne

Avec Chick Corea c’est toujours la même chose, rien n’est pareil et on n’est jamais déçu, les projets se suivent et les thèmes s’entrelacent dans une œuvre longue bornée de nombreux albums.

La trame espagnole était déjà visible en 1976 avec un album qui s’appelle My Spanish Heart, en 1982 dans l’album Touchstone on pouvait entendre Paco de Lucía sur quelques titres.

En 1990 l’album Zyryab de Paco de Lucía ouvrait l’ère du nuevo flamenco avec Chick Corea à l’ouverture.

The Spanish Heart Band regroupe quelques musiciens que l’on a déjà entendus avec Chick Corea, qu’il s’agisse des newyorkais Michael Rodriguez, à la trompette et Steve Davis au trombone, du batteur Marcus Gilmore, du contrebassiste Carlitos Del Puerto d’origine cubaine de Los Angeles et du percussionniste d’origine vénézuélienne Luisito Quintero. A cette équipe viennent s’ajouter trois musiciens espagnols, le danseur et percussionniste Niño de los Reyes, le guitariste Niño Josele, compagnon de route de Paco de Lucía, de même que le flûtiste et saxophoniste ténor Jorge Pardo, qui lui figure déjà sur l’album Zyryab.

C’est le titre Antidote qui sert d’ouverture, c’est une musique très dansante, les musiciens chantent en introduction ce qui crée tout de suite une atmosphère très latine, chacun à leur tour ils viennent prendre un solo, le piano interpelle les cuivres qui répondent au piano, l’ambiance est festive, le morceau dure et pourtant tout est tellement varié brillant que l’on n’a pas de sensation de longueur et quand ça s’arrête, on a encore faim pour la suite.

« Antidote », c’est également le nom de l’album qui sert de fil conducteur au concert et revisite quelques titres faits avec Paco de Lucía, Zyriab, Duende, Yellow Nimbus 1, Yellow Nimbus 2, Touchstone.

La présence des musiciens espagnols donne une couleur particulière, très flamenquiste au jazz que produit le groupe et à Niño Josele l’occasion de s’illustrer dans la droite ligne du maître d’Algesiras. Chick Corea est au centre de la toile, il écoute, intervient interpelle au clavier ou au piano. Sa sensibilité est toujours aussi vive, fidèle à lui-même transmettant des émotions variées, il étonne toujours, surprend encore comme si les années n’avaient pas de prise sur lui.

Au rappel il reprend le thème d’Aranjuez, fleur d’émotion rare lancée au public en guise d’au revoir.

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