La pochette du nouvel opus du Trio Barolo est une invitation à quitter la morsure du  soleil méditerranéen pour pénétrer dans ce doux lieu où la fraicheur résiste et la musique résonne.

Le Trio Barolo m’y accueille : bienvenue à « casa nostra », chez nous ! Je m’installe autour de cette table où les amis, comme les inconnus, sont les bienvenus.

L’amitié, la bonne chère, le bon vin, les rires mais aussi les souvenirs plus douloureux sont les ingrédients de Casa nostra, mais l’âme profonde de cette musique, c’est la mare nostrum . Ce lac, cette piscine que représente la Méditerranée pour les habitants de ses côtes. Leur mare nostrum !

Si différents soient-ils, ils partagent le même amour, la même passion pour cette mer qui baigne des peuples si différents. Le trio Barolo est l’incarnation de ces différences, qui sont autant de richesses qu’ils nous offrent avec ce nouvel album.

Dès les premières notes de Malahim, je retrouve les sonorités si particulières et pourtant si familières de ce trio atypique. Un trombone (Francesco Castellani), une contrebasse (Philippe Euvrard),  un accordéon (Rémy Poulakis), les voix de Francesco et Rémy et, en invité, la clarinette de Carjez Gerretsen. Tout invite au voyage, je sens la chaleur, la douceur d’une brise marine. Vient ensuite le titre éponyme de l’album : ça chante, ça danse, c’est comme une sarabande dans les rues de Naples. C’est sur Carla, que Carjez Gettersen, vient poser sa clarinette en douceur. Ce jeune virtuose, habitué des œuvres classiques, sait trouver le son, les nuances pour s’adapter à l’univers musical du trio. On le retrouve sur Barolo nuevo, plus hispanisant, plus sombre. Le chant, de Francesco Castellani mais aussi et surtout de Rémy Poulakis, est plus présent dans cet album. Jusqu’alors utilisé comme agrément, il est aujourd’hui instrument à part entière.

Après Mare nostrum, court intermède où le chant des baleines se mêle à la sirène des bateaux quittant le port, Mike P, hommage écrit par Philippe Petrucciani pour son frère Michel.
Francesco Castellani pleure un frère, un ami, soutenu par le chant émouvant de Rémy Poulakis.

Puis Tirana, belle et impénétrable, annonce l’hommage de Rémy Poulakis à Giacomo Puccini. E lucevan le stelle, petit détour vers l’opéra. Qu’importe l’absence de théâtre et d’orchestre, l’émotion me transporte !

Carossello clôt ce voyage comme une valse.

Le calme reprend sa place. Difficile de décider quoi faire : se lever pour relancer la platine ou laisser le silence, propice à la réflexion ?

J’en profite pour lire le livret. On y trouve une citation de Francesco : « chaque note ne passant pas par le cœur est orpheline de la musique ».

Il y a tellement de cœur dans Casa nostra que l’on ne peut que l’adopter !

Ont collaboré à cette chronique :

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