(74) Haute SavoieJazz aux Carrés

03/11/2017 – Macha Gharibian Quintet à Jazz aux Carrés (Annecy-le-Vieux)

C’est sur le haut plateau Arménien, que démarre le concert; le soufflant Tosha Vukmirovic nous y accompagne avec son kaval, instrument traditionnel des Balkans; il nous transporte sans somation vers ce pays fantasmé entre folklore et onirisme, il est  rejoint rapidement par les autres membres du quintet tous décidés à nous faire planer béatement.        
C’est donc la bouche ouverte que nous accueillons le groupe qui  a réuni autour d’elle Macha Gharibian, pour ce concert à Annecy dans le cadre du festival  « Jazz au carré ».
La jeune pianiste, chanteuse et compositrice prouve tout l’étendu de son talent, dans cette formule en quintet où elle laisse de vastes espaces instrumentaux teintés d’improvisations.
Après « Marmashen » un instrumentale issu du folklore Arménien… La voix!
Sur le son cristallin de son Steinway & Sons Macha pose sa voix ample et forte  « I Who Have Nothing » le voyage ne fait que commencer.
Le style de son jeu au piano est souvent percussif,  elle est soutenue dans cette effort par une pointure à la batterie : Dré Pallemaerts.
Tous les musiciens sont présents aussi sur l’album y compris le guitariste David Pothaux-Razel qui balance ses riffs atmosphériques sans économie de grimaces explicites participant ainsi à sa façon au spectacle.  
Les morceaux instrumentaux ou chantés se succèdent, ils sont essentiellement tirés du deuxième album  « Trans Extended » sorti l’année dernière.
J’ai un petit faible pour les chants en arménien comme « Anoushes » une mélopée envoutante; alors même si nous ne comprenons pas forcément les paroles elle nous emplie de mélancolie bienfaisante.  « La mélancolie c’est le bonheur d’être triste »  disait Hugo (Victor de son prénom) alors profitons!

Délicatesse,volupté et légèreté sont les sensations qui me restent du concert, quand la plupart des groupes proposent des prestations sur scène plus énergiques que leurs enregistrements en studio,  Macha Gharibian, elle, invite son public à un voyage paisible et plein d’harmonie après quoi on se sentirait meilleur. 
Quel ambition!

Macha Gharibian: piano,voix ; Théo Girard: contrebasse ; Dré Pallemaerts: batterie ; David Pothaux-Razel: guitare ; Tosha Vukmirovic: clarinette, kaval, sax ténor

Ont collaboré à cette chronique :

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