(69) RhôneLe sirius

05/11/2017 – Les Permutants au Sirius

La scène exiguë du Sirius aime décidément recevoir des formations XXL. Ainsi ce dimanche elle accueille “Les permutants“, formation atypique pour musiciens qui ont envie de se faire plaisir. Nous les avions découverts en mai 2016 pour leur refondation dans un endroit magique et paumé de l’Ardèche (voir ici).

François Gallix a remonté un vieux projet créé il y a plus de vingt ans avec son complice Jean-François Bonneton. C’est le seul rescapé de la bande et il a convié la fine fleur du jazz rhônalpin autour de lui. Deux contrebasses, la sienne et celle de Thomas Belin qui succède désormais à Géraud Portal. Deux batteries celles de Athur Declercq et de Nicolas Thé qui y ajoute des percussions. Un pianiste : Etienne Deconfin, masqué par ses petits camarades tout au fond de la scène, mais bien présent. La guitare de Sébastien Joulie. Et quatre soufflants qui … soufflent fort. De jardin à cour : Selim (“Miles à l’envers” me dit François) Nini, un autre petit nouveau de la bande qui vient d’être titularisé à l’alto, l’irremplaçable Boris Blanchet au ténor, l’autre ténor tenu par Stephan Moutot qui enfourche également un soprano et enfin Julien Chignier au baryton et au soprano. Ce dernier va quitter le groupe car trop pris par un engagement avec le cirque Plume.

Avec une telle formation, ça permute d’entrée de jeu ; nous ne sommes  pas là pour faire de la broderie au petit point. Le Don Quichotte de Jean-Paul Bonneton commence calme avec une intro à la guitare avant l’armée de soufflants qui monte au front. On escalade, on vire de bord, on s’envole, un coup de frein sec, démarrage  aussi sec, la contrebasse met de l’huile, et l’échappée reprend. Le ton est donné ça va “permuter”. Suit un titre amusant Saint Pierre Marie Chanel* protégez la Bresse, et oui, Jean-Paul Bonneton est bressan et le revendique. Et le concert se poursuit avec des morceaux énergisants comme La Muse de la Danse, ou Résilience (de Sébastien Joulie). Au fil du concert les doigts se délient, le souffle se fait plus puissant, on attend l’imparable solo de ténor de Boris Blanchet, et on est servi. Il fait rugir son instrument comme on ne voit plus guère  de saxophoniste le faire, il donne tout, on prend. L’orchestre part en free comme on n’en fait plus depuis des lustres et tout le monde se retrouve sur le thème comme par hasard à la sortie d’un virage pas bien annoncé. Un petit tour du côté du hard-bop histoire de laisser chacun nous offrir un chorus et ça repart en mode permutation. Yes!

Ces permutants sont décidément une belle nouvelle pour le jazz rhônalpin et merci au Sirius d’avoir eu le cran de les programmer vu que les grands festivals semblent les bouder.

 

*: http://stpierrechanel.free.fr/Vie_de_SPC.php

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