A l’AmphiOpéra, à jardin, le Steinway côtoie les amplis et le rack d’effets du guitariste. Au fond trônent un bon vieux Fender Rhodes pailleté et un petit Novation (synthétiseur basses). A cour s’entremêlent un copieux set de percussions et une batterie assortie au noir du fond de scène cerné de 53 ampoules blanches. Au centre, deux retours encadrent un pied et son micro qui attend de trouver sa voix… Le menu s’annonce conséquent ! Minino Garay nous salue d’un vigoureux “Buenas noches !”

Memoria colectiva,  tango d’exilé endiablé nous est servi en apéritif, pimenté par la guitare de Manu Codjia, épicé du piano de Malcom Braff, soutenu par les basses des claviers d’Alfio Origlio, les délicieuses percussions de Stéphane Edouard et la batterie généreuse de Minino Garay. Quelques anecdotes narrées par le résident argentin évoquant  la première visite de Dizzy à Buenos Aires qui découvrit Lalo Shiffrin et Gato Barbieri précèdent La Arenosa de Cuchi Leguizamon (1917-2000), entrée copieuse où s’entrecroisent les soli inspirés de tous les membres du quintet dans un maelstrom plutôt jazz-rock. En hors d’œuvre, Sus Ojos se Cerraron de Carlos Gardel s’avère un tango délicat et chaleureux dans lequel chacun prend sa place.

Les plats de résistance se succèdent avec la complicité d’une invitée surprise, la chanteuse lyonnaise Claudine Pauly posant ses mots sur Tema de Maëla ou ressuscitant ceux de Mercedes Sosa avec Alfonsina del Mar pour finalement dialoguer avec Minino dans le très africain Tama de Malcom Braff. En guise de trou normand, Viking boat de Alfio Origlio se déguste avec une gouleyante guitare posée sur des claviers sereins et des percussions chatoyantes.

Le roboratif Carrousel de  Manu Codjia se savoure avec délectation devant sa montée en puissance imparable. Le chariot de desserts approchant, Malcom et Alfio échangent leurs claviers pour Safran avant qu’avec beaucoup d’amour et d’humour Minino Garay ne présente ses invités. Puis Together, où le public prend plaisir à accompagner le tempo, est  sensé mettre un terme à ce festin d’oreilles !

En digestif, pour Provinciano, la pétillante Sabrina Romero est invitée à prendre possession du cajon de Minino qui balade ses maracas aux quatre coins de l’AmphiOpéra tandis que ses acolytes échangent les soli avec un entrain et une joie de jouer non dissimulés. L’échange entre Stéphane et Sandra (les deux plus beaux sourires de la soirée !) est purement splendide.

Rassasié par près de deux heures de concert, le public, plus nombreux que la veille, est aux anges. Ému aux larmes, Minino Garay aura ces mots de la fin : “C’est magnifique, c’est super !” Merci m’sieurs dames ! Rien à ajouter…

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