(69) RhôneAmphiOpéraInterview

11/11/2017 – Sextet Asado à l’AmphiOpéra

Sextet « ASADO »*

 

A l’amphi de l’opéra de Lyon ce samedi 11 novembre, le jazz a fait place à la danse. C’est par le corps que le percussionniste Minino Garay a choisi de nous faire entendre la musique populaire de sa ville natale Cordoba. Les chansons piquées par l’araignée italienne habillée de lumière ont encanaillé nos pas. La tarentelle et le paso doble nourrit d’âme argentine ont-ils donné l’estocade finale aux résidences de jazz à l’amphi?

Si le son glisse si bien de l’oreille au pied, si l’enfant qui voulait comme Armstrong jouer de la trompette nous offre cette musique qui l’enchante, c’est par goût de nous faire partager la liberté rencontrée dans les bals dès son plus jeune âge. Arrivé en France par amitié et amour, boulimique de musique, Minino ne cesse de chercher des musiciens pour jouer: faire découvrir le cajon, introduire les percussions dans le jazz, retrouver les communautés sud-américaine, mettre « le son au service de la chanson »(1).

C’est le troisième soir de la résidence de Minino Garay, invité par l’ancien directeur de l’amphi de l’opéra de Lyon François Postaire, il découvre à sa grande surprise qu’Olivier Conan, le nouveau directeur, connaît très bien la musique de sa région le « cuarteto ». « Prendre cette musique au sérieux, j’adore » (2). Nous sommes au centre de la ville de Lyon au cœur de l’enceinte de l’opéra. Olivier vient de New-York, Brooklyn fut son laboratoire musical au sein du bar Barbès Brooklyn. Musicien dans le groupe la Chicha Libre, il sillonna le Pérou et l’Amérique du sud. « Pas un style, pas un genre, j’aime les musiciens quand ils ont quelque chose à dire. »(2) Ouvrir « la zone grise » de la musique actuelle, soutenir le plaisir de découvrir, accueillir les gens en tournée, les musiciens qui voyagent… Entre l’expérimentation et l’ancrage Olivier Conan souhaite profiter de la grande visibilité de l’opéra pour offrir une vision multi-facette du monde musical. Cela ne se fait pas sans finances et les résidences qui offraient trois jours de création à un musicien de jazz ne permettraient pas au projet d’Olivier d’éclore.

Mais en musique peut-on voyager de son siège ? Comme Bougainville ? De son bureau nous dit Diderot, sa culture a fait voyager. Je ne sais pas si le Guiro, le couteau sur la boîte de conserve de Minino Garay nous en apprend sur l’Argentine mais je sais que le jazz peut nourrir les oreilles à qui sait entendre l’histoire de sa liberté au creux des modèles musicaux. Olivier Conan ne me démentirait sans doute pas, à nous de lui faire découvrir la pluralité créative du jazz français.

 

*Minino Garay, percussions, voix ; Cristian Guibert, basse, voix ; Pajaro Canzani, guitare, voix ; Christophe Lampidecchia, accordéon, voix ; Cirilo Fernandez, piano, voix ; Lukmil Perez, batterie, voix.

(1) propos de Minino Garay

(2) propos d’Olivier Conan

Ont collaboré à cette chronique :

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