(26) DrômeJazz à Grignan

18/11/2017 – Gregory Privat trio au Château de Grignan

En ce début d’hiver, le mistral souffle sa froideur dans la vallée du Rhône que domine fièrement le château de Grignan. Il s’est paré de lumières pour accueillir une nouvelle soirée de jazz. Ce n’est pas du goût du vent glacial qui s’engouffre dans les ruelles du village pour décourager le public de tenter l’ascension vers la demeure de la Comtesse de Sévigné. Les amateurs de jazz, ont bravé la froideur pour remplir la salle des Adhémar pour venir écouter le trio de Grégory Privat, jeune pianiste et compositeur martiniquais.

Florent Turello, directeur du château et du festival Jazz à Grignan, a grand plaisir à accueillir cette formation pour son premier concert dans la région Auvergne-Rhône-alpes. Le trio présente ce soir « Family tree », sorti il y a un an. Il est accompagné par le batteur Tilo Bertholo présent sur l’album. Seul le bassiste Linley Marthe ( à la contrebasse sur cet album) manque à l’appel, remplacé par le jeune danois Viktor Nyberg

Le concert commence avec Riddim. On découvre l’univers de ce jeune pianiste qui instille un jeu puissant, riche, mélange de techniques et d’influences diverses.

Vient ensuite Family Tree, titre éponyme de l’album, que l’artiste prend le temps de présenter. Pour lui, la Martinique est, du fait de son passé de plaque tournante de l’esclavagisme, un terreau où le croisement des peuples dans ces moments douloureux a conduit à faire éclore la culture créole riche et bigarrée. C’est donc un message très actuel sur l’intérêt du mélange des peuples et des cultures.

On comprend mieux la densité de son jeu, la manière dont il le vit. Ses morceaux sont comme l’ascension d’un col pour un cycliste. Il démarre à son rythme, sûr de lui. Puis vient l’effort et il se plie sur son piano et augmente son rythme jusqu’à l’asphyxie pour enfin basculer et retrouver sa sérénité dans le final. Chaque morceau est une course, pleine d’énergie et de puissance. Une énergie qu’il communique à ses musiciens qui lui emboîtent le pas. La fougue de la jeunesse !

Le concert se termine par Le bonheur et Seducing the sun en rappel, deux morceaux où la mélodie,  un peu écrasée par l’énergie au cours du concert, retrouve sa place. 

Grégory Privat est visiblement à la recherche de ses racines. C’est un artiste qui devrait nous amener très vite dans la découverte de nouvelles contrées musicales. A suivre absolument!

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