(01) Ain

8/12/2017 – « Petits plats pour Grand Ensemble » par le Big Band de l’O.E.U.F. à la Ferme à JAzz

Cuisine Savoureuse par et avec Soigneurs d’Oreilles

 

Pour reprendre la définition du Larousse: roborative = fortifiante. Telle nous a été donné d’entendre cette musique très écrite (par Pierre Baldy Moulinier) comme sont les recettes de grands chefs…

Le public a répondu présent malgré la petite giboulée de neige de début de soirée qui aurait pu en faire reculer plus d’un, et c’est tant mieux, car il fallait montrer à ces musiciens qu’il y a des épicuriens de la musique et de la bonne chère.

Ça n’a pas été facile de caser ces dix-huit musiciens sur une scène habituée aux petites formations. Déjà, batterie – percussions prenaient un tiers du plateau et si les solistes devaient faire le parcours du combattant pour accéder au micro devant le public pour les chorus, chacun l’a fait de bonne grâce sans en être perturbé dans ses improvisations.

Après, il a fallu « lier » tout ça pour un équilibre sonore moitié acoustique, moitié sonorisé.

Le sonorisateur attitré de la Ferme, Gautier Nuez derrière sa monstrueuse Midas 1000 (excusez du peu !!) nous a « assaisonné » l’ensemble juste ce qu’il fallait.

 

Je suis venu (ré) écouter cet orchestre après l’avoir découvert au théâtre la saison passée invité par le C.R.D. De Bourg. Si l’on retrouve les caractéristiques instrumentales d’un big band traditionnel (trompettes, trombones, saxophones et batterie) on aura en plus, un set de percussions, un tuba (et autres..) qui viennent compléter la panoplie des instruments.

J’avais été séduit par les compositions qui, sans renier les racines de ces grands ensembles américains, s’en était affranchi en produisant des arrangements qui ne cèdent pas à la facilité, tout en restant « écoutables » par les amateurs que nous sommes.

Le programme étant neuf, on allait se mettre à table pour goûter ces nouvelles saveurs.

Pas de déception, l’identité reste la même. La bonne humeur et l’entente des musiciens (visible par le public) les font se jouer de toutes « embûches » musicales que ce chef démoniaque tel un Mozart en direction de son corniste préféré Joseph Leutgeb lui anotait dans la marge de la partition des petites phrases du style « et celle là, tu peux la faire ? » !!. J’ai pu être quelques fois dérouté lorsque dans une même pièce, des directions radicalement différentes sont prises au point qu’on semble être dans un nouveau morceau. (On ne mélange pas poisson et rôti dans un même plat!!) Sans faire du Scott Bradley (Tex Avery) ou écrire pour un spectacle d’équilibriste et de jongleur, un style trop différent déstabilise…. Si l’imagination créatrice est si productive (ce qui est le cas), multiplions alors les morceaux, plutôt que d’accoler des couleurs si différentes (pas toujours du salé-sucré!!)

Avec l’expérience acquise toutes ces années, les musiciens (pratiquement les mêmes depuis quatorze ans) font preuve d’une réelle maitrise sans jamais « alourdir » les phrases musicales souvent délicates à exécuter et tout ça avec de beaux timbres personnels.

L’apport des percussions avec Fabien Rodriguez (tel François Verly dans le MégaOctet d’Andy Emler) permet de compléter le travail rythmique du « régional de l’étape » Hervé Humbert (c’est un Bressan) lequel pourrait de ce fait peut-être, moins ponctuer ou doubler les riffs de cuivres pour conserver la pulsation pièce maîtresse de la musique de Jazz.

Le public ne s’y est pas trompé en remerciant chaleureusement tous ces musiciens qui nous ont fait et nous font plaisir. Je m’en serai voulu de ne pas avoir été là. Rien n’est plus important que d’assister au concert. Ce qui peut sembler quelquefois hermétique à l’écoute d’un disque devient soudain beaucoup plus abordable et compréhensible après le concert.. Merci à eux.

Quand les cuistots du Big Band de L’œuf  vous invitent  à gouter leurs plats musicaux….

Ne vous faites pas prier…… allez y ………….

Luc Echampard (prof de musique en retraite)

Ont collaboré à cette chronique :

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