(69) RhôneAmphiOpéra

8/12/2017 – Impérial Orphéon à l’AmphiOpéra

Pas très loin de la foule et des lumignons de la surface, une centaine de spectateurs a trouvé refuge dans la tiédeur souterraine de l’Amphi de l’Opéra. La Compagnie Impérial poursuit sa résidence avec l’Impérial Orphéon. Les portes coulissantes closent la salle. Nous voilà prisonniers volontaires. Sortirons-nous du cadre des ampoules blanches qui ceignent l’espace scénique ? En tout cas, le facétieux batteur Antonin Leymarie nous y invite dès que le quartet entre dans la lumière. A sa droite, l’accordéoniste Rémy Poulakis s’assoit devant son micro. Entre eux, Gérald Chevillon s’est emparé de son impressionnant saxophone basse. En face, son compère Damien Sabatier commence le concert au saxophone alto. 

Deux valses ouvrent le concert. Une jota leur emboîte le pas. Les inspirations dansantes ne manquent pas, revisitant le Brésil ou la Bulgarie, Rossini ou les Gnawas au travers de reprises réarrangées, façon rhums qui décoiffent, et de compositions originales aux structures alambiquées. Un « slow qui tue » aurait sonné la fin de la fête si nous n’avions eu deux rappels sous les éclairages blancs et bleus.

Quel bonheur de retrouver ce lumineux orphéon ! Les chaussures vaches de Damien, la veste black & white d’Antonin, le harnais de Gérald, l’élégant gilet de Rémy (avec un i grec…) attirent l’œil. Quant aux oreilles, elles sont captivées de bout en bout par la richesse des arrangements, la profusion de subtilités, la précision des constructions. L’acoustique et la proximité de l’Amphi Opéra nous permettent d’entendre des nuances que le plein air estival ne nous permettait pas.

Certes, nous ne sommes pas sortis du cadre, mais nous voulions profiter de chaque instant, nous laisser surprendre par des interprétations sans cesse renouvelées, nous immerger dans cet océan de notes, partager les sourires complices des quatre compères, ne rien rater de l’entrelacs des thèmes écrits et improvisés. Chacun a apporté ses pierres à l’édifice. Damien est aussi à l’aise à l’alto qu’au sopranino, quand ce ne sont pas les deux à la fois ! Il nous gratifie même d’un solo de thérémine (instrument électronique presque centenaire…) ! Antonin ouvre aux balais, poursuit aux baguettes ou à mains nues sur ses futs et ses cymbales. Il joue aussi le rôle de Monsieur Loyal de ce scintillant festival musical quand il ne tape pas sur une cloche ! Malgré son volumineux instrument, Gérald est très mobile. Il repose rarement ses épaules en jouant du soprano, de la cloche ou du piccolo ! Rémy, chaleureux accordéoniste, est aussi un brillant ténor qui scatte, nous rappelle que nous sommes à l’Opéra, nous donne l’illusion qu’il est Les Chœurs de l’Armée Rouge à lui tout seul !

Jeune retraité, François Postaire s’était glissé parmi les invités pour profiter pleinement de ce concert, sans la pression du programmateur, même si cette saison est encore un peu la sienne depuis l’arrivée d’Olivier Conan aux manettes de l’Amphi. Gageons que la Compagnie Impérial n’en a pas fini de son histoire d’amour avec l’Opéra de Lyon qui lui sert d’écrin pour cette résidence… À suivre…

Ont collaboré à cette chronique :

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