(38) Isère

10/12/2017 – Quartet Novo au restaurant l’Alouette

Il y a des groupes qu’on a plaisir à revoir parce qu’on sait que chacune de leur apparition crée du neuf. C’est le cas du « quartet Novo ». Et qu’on ne pense pas que je me sois laissé prendre au piège de son patronyme. Cinq ans déjà que je ne l’avais pas réentendu. La musique n’a pas pris une ride.  Comment le pourrait-elle ? C’est comme si on disait d’une peinture contemporaine qu’elle vieillit. Cette musique est atemporelle et elle passe largement au dessus des modes. Le groupe s’en moque d’ailleurs comme de sa première chemise. Mais pas de sa première partition. Car il ouvre rituellement chaque concert par le morceau avec lequel il a débuté.

Le même charme de la musique acoustique opère, celui d’un véritable orchestre de chambre jazz. Le plaisir du son, le dosage parfait entre composition et improvisation. Les musiciens sont quatre électrons comprimés, façonnés, bonifiés par le cadre de la musique écrite (merveilleuses pièces de forme et de force rythmique et mélodique) et qui virevoltent en contrechants, voix divergentes, contingentes, soudainement propulsés en liberté dans des univers improvisés. Le temps est alors suspensif et la musique prend étrangement des teintes abstraites à l’image des tableaux exposés dans ce beau lieu de gastronomie et de culture qu’est le restaurant l’Alouette. On passe de l’abstrait (la musique est encore plus fugitive que la trace picturale) à la mélodie la plus dépouillée, ou inversement, comme si le groupe évoquait, dans une même unité, tout son amour pour une certaine histoire ou conception de la musique. Sans renoncer à ses éléments principaux, que sont l’énergie et la cohésion.

Il y a chez le quartet Novo de la matière, de la densité, du subtil, de la poésie, de l’amour pour la musique vivante. Comme chez les musiciens de l’Arfi, ou de a Compagnie Impérial. Une musique dont on ne peut se lasser, qui est aussi nécessaire à notre équilibre que l’air que nous respirons. Intense, intime, proche et revigorante.

Ont collaboré à cette chronique :

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