(69) RhôneLa Clef de Voute

23/12/2017 – Vincent Périer & Thibaud Saby Quintet : « Hommage à Oscar Peterson » à La Clef de Voûte

Une grande dose de prétention ou d’innocence pour s’attaquer, précisément le jour du dixième anniversaire de sa disparition, au répertoire du « géant Canadien » Oscar Peterson… Que nenni, nos gones des pentes de la Croix Rousse sont révérencieux et ont su nous dire et montrer leur respect en faisant la part belle aux ballades et aux compositions du pianiste, on a un peu oublié qu’il a aussi écrit de belles choses…

Vincent Périer et Thibaud Saby ont réuni un casting de luxe pour l’occasion, ils ont relevé et arrangé quelques thèmes, Oscar en a tant joué, bien choisis. Un premier set empreint de retenues, de sensibilité et de délicatesse, Julien Bertrand a la très bonne idée de n’emboucher que le bugle ce soir dont la sonorité chaude et cuivrée se marie très harmonieusement à celle du ténor de Vincent. Nigerian Marketplace et c’est Patrick Maradan qui dit le thème. Oui mais… qui dit Oscar Peterson dit forcément virtuosité parfaitement maitrisée, Goodbye J.D., Marc Michel sait avec une inventivité certaine ce que booster veut dire.

Le blues, le blues, le blues et il devient incantatoire, gospellisant sous les doigts de Thibaud qui cite le Maître et quelques une de ses « gymniques » personnelles. Je pensais à tort que ces jeunes lions avaient commencé leurs amours jazzistiques avec le bop, mais pas seulement, c’est aussi ce swing originel qui les animent et leur permet de faire monter la côte, ça marche terrible… Patrick évidemment se doit de citer Ray Brown, le son, la précision et quelques accords glissants, c’est Noël sous la Voûte… ils ne peuvent se retenir plus encore, il faut que le tempo s’accélère, Wood’n You…

Un joli travail d’arrangements originaux, sensibilités et délices des harmonies bugle – ténor en chant contrechant ou à l’unisson, Vincent Périer sert les salves avec cette manière qui fait indéniablement penser à ces sax ténors qui se réclamaient de Lester Young et qui ont développé ce jazz que l’on a dit cool mais qui ne l’était pas seulement et Thibaud Saby qui déboule, rentre dedans, traits de vitesse contrôlée de la main droite, notes roulées, bluesy et une gauche généreuse aussi, les block chords, le clavier sur ses quatre-vingt-huit touches, le ragtime, le swing, ses chorus qui font monter la pression jusqu’à l’explosion d’un public nombreux, conquis et le célébrissime Night Train (*) particulièrement bien revu, pas si facile d’être innovant lorsqu’un swing torride est à l’affiche, ils l’auront fait ce soir.                                                                

(*) Night Train était à l’origine un simple riff d’ouverture du titre That’s the Blues, Old Man, enregistré par Johnny Hodges en 1940. Duke Ellington s’en servit par la suite dans le titre Happy-Go-Lucky Local. Jimmy Forrest l’enregistra par la suite, en lui donnant son titre définitif et en y insérant un solo de son cru, puis James Brown, Oscar Peterson et…

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