C’est déjà le troisième voyage au château de Montseveroux pour les fidèles de Jazz en Bièvre. Le Père Noël a dix jours d’avance et la barbe grisonnante… Dès 20h05, François Ghani nous accueille avec force remerciements pour le public, les bénévoles de l’association et Monsieur le maire qui ne se fait pas prier pour nous présenter “son” château médiéval. Le sapin de Noël, niché à jardin se fait discret. Le cadeau du jour est le trio Magnetic Orchestra, très présent sur les scènes régionales et au delà.

Le concert s’ouvre sur la longue introduction pianistique de Benoît Thévenot d’une composition du saxophoniste Charles Lloyd Sweet Georgia Bright interprétée avec vigueur par le trio, l’occasion pour Nicolas Serret de nous livrer un premier solo de batterie. Ce dernier nous présente ensuite ses camarades de jeu dont Thomas Belin à la contrebasse qui remplace François-Régis Gallix, retenu en bord de Saône. Un tonique All the things you are, standard d’Oscar Hammerstein II, nous est ensuite déroulé avant Soukha (bonheur en tibétain), une sereine composition du batteur. L’incontournable Giant Steps de John Coltrane est des plus entraînant entre les mains du trio. L’interprétation du thème de Duke Ellington  Prelude to a kiss s’avère pleine de délicatesse. L’usage des balais sur peaux et cymbales en est la preuve. Un supersonique One finger snap d’Herbie Hancock conclut avec brio le premier set avant la pause gastronomie et dédicaces…

Les mailloches lancent le second set dans une version contrastée du Caravan d’Ellington, Tizol et Mills où les trois compères prennent un malin plaisir à monter et redescendre les dunes. Herbie Hancock a droit lui aussi à une seconde composition : Dolphin dance qu’entame tout en douceur le contrebassiste, s’accompagnant discrètement de la voix. Thelonious Monk est dignement honoré avec un trépidant Rhythm a Ning introduit au piano. Idem pour Very early de Bill Evans où chacun montre qu’il sait aussi s’exprimer tout en finesse, l’archet donnant la note finale à la contrebasse. Le Bud Powell de Chick Corea est un copieux assemblage de subtiles variations. Un court solo de batterie ouvre Top clean, compo très enlevée du pianiste qui parachève cette seconde partie exclusivement composée d’œuvres de pianistes.

Un rappel répond aux applaudissement du public qui s’est levé tant il a apprécié la prestation du trio. Un chaleureux It could happen to you de Jimmy Van Heusen et Johnny Burke met fin à cette soirée de Jazz en Bièvre. C’est encore un grand cru qui nous a été offert en terres iséroises. Ce jazz à la campagne est une bien belle idée qu’il nous plaît de partager quand une telle qualité artistique est au rendez-vous !

“Joyeuses fêtes, à l’année prochaine !” Le premier trimestre a déjà vu trois concerts au château de Montseveroux qui en accueillera encore six autres d’ici juin 2018, avec d’autres pistes du jazz à explorer avec envie et curiosité…

Toutes les infos sur www.jazzenbievre.fr et au fil de nos agendas hebdomadaires…

Ont collaboré à cette chronique :

X
X