(38) IsèreEsplanade Saint Vincent

Naïma Quartet à l’Esplanade Saint Vincent de Vienne – 15 décembre 2017

La bonne nouvelle, c’est que l’Esplanade Saint Vincent continue sa programmation de musique jazz sous l’égide d’une association éponyme, dont la vocation est de soutenir des projets culturels et solidaires. Il s’agit de permettre à ses adhérents d’y développer des projets musicaux tels que les dîner-concerts, ateliers, jam-sessions, conférences, master-class, accompagnement des jeunes musiciens et des amateurs, mais pas seulement. Ce projet solidaire aspire aussi à développer les liens, les échanges, les métissages et à permettre aux personnes précaires d’accéder à une ouverture culturelle de qualité. La liste est loin d’être fermée et les idées ne manquent pas.

L’autre bonne nouvelle, c’est que le jeune et talentueux Naïma Quartet inaugure l’Esplanade Saint Vincent nouvelle formule, pour une soirée fraîche comme un bouquet de fleurs, bouquet de notes enivrantes qui louvoie entre chansons d’amour, îles lointaines, ballades et rythmes soutenus.

La taille de la salle et l’écoute attentive sont propices à ressentir la présence scénique des quatre musiciens, à capter les connexions, à percevoir les échanges de regards, les appels et les réponses qui se jouent devant nous. Au chant et à la contrebasse (la classe !), Naïma tient le devant de la scène au chant, distille les mélodies, propulse des scats vigoureux ou susurre des ballades élégantes, pour mieux laisser la place aux envolées lyriques de ses musiciens ; elle tient aussi l’arrière-boutique avec aisance, d’une walking bass infaillible et dynamique dans tous les registres. Les chorus sont flamboyants et harmonieux, la guitare de John Owens stimule le Fender Rhodes de Jules Le Risbé, les fûts et cymbales de Thomas Doméné pulsent sous les balais et les baguettes. Le concert sur deux sets laisse le temps d’apprécier la précision des arrangements, inventifs sur les standards judicieusement choisis dans les recoins du répertoire, originaux sur les compositions du groupe. Il laisse aussi le temps de moduler la formation, avec en particulier une exquise ballade en duo avec John Owens pour conclure le premier set, et de ménager une place pour deux bons chorus de batterie qui méritent le détour.

Prochaine étape, un grand chorus de contrebasse ou de basse électrique ? Pour le savoir, il faudra patienter jusqu’au printemps prochain où la formation s’annonce dans la région, ou au 29 juillet à Crest pour le concert des lauréats.

Ont collaboré à cette chronique :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

X