(38) Isère

17/12/2017 – Alfio Origlio en solo à la salle Stendhal

Nouvelle visite d’Alfio Origlio à la salle Stendhal.

Cette fois en solo, un dimanche après-midi. Au programme : des compositions inspirées par Ennio Morricone, auteur bien connu de musiques de films, les « westerns spaghettis » de Sergio Leone.

Claudie Sénac : Pourquoi Morricone ? Ce serait son « italianité » ? Tu n’étais pas né ou tout jeune lors du succès des westerns spaghettis.
Alfio Origlio : J’ai toujours été fan de sa musique, de ses mélodies fortes, des images qu’elle fait naître.

CS : L’Italie oui, mais l’Espagne ? Ton Album « Estepona » avec Pierre Bertrand (sac) et Minino Garay (perc) est sorti en 2012, « Ascendances » avec Vicente Amigo (guitare),  Xavier Sanchez (cajon) et Sharon Sultan (danse flamenca) en 2006. Pourquoi cette attirance ?
AO : J’ai eu un coup de foudre pour la musique flamenca, ça a duré six ans. J’aime changer. Par exemple depuis 2 ans je me produis avec le trio ASA (Alfio, Stéphane, Alem).

CS : Tu as commencé le piano classique très jeune au Conservatoire de Grenoble. Pourquoi le piano ? Et quand et pourquoi es-tu passé au jazz ?
AO : Le piano, c’est mon père. Le jazz ? C’est une affaire familiale, j’en ai toujours beaucoup entendu autour de moi.

CS : Quand et pourquoi as-tu introduit dans ton jeu le Fender Rhodes et différents pianos électroniques à part ton admiration pour Herbie Hancock ? Qu’est-ce qui te plaît dans cet instrument par rapport au piano acoustique ?
AO : J’aime le jazz à partir des années 70-80. Herbie Hancock surtout qui n’arrête pas d’explorer de nouvelles voies. Wayne Shorter, Miles de cette époque.

CS : Qui et qu’est-ce qui t’a le plus marqué dans ta riche carrière ? Herbie Hancock, Kenny Kirkland auquel tu consacres un hommage dans ton album « Ricordo » en 2011, quels musiciens, personnes et lieux ?
AO : Herbie, Kenny Kirkland et Brad Mehldau. Wayne Shorter aussi. Et Lyle May, compositeur et pianiste de Pat Metheny.

CS : Dans quel format tu donnes le plus de toi-même, solo, trio, quartet, grande formation ?
AO : Le trio, j’aime avoir de l’espace.

CS : Combien d’albums as-tu publié ?
AO : Neuf et bientôt trois de plus.

CS : Quel est ton plus grand plaisir, enregistrer, jouer devant un public, des amis ?
AO : Enregistrer : le studio est l’idéal, on peut régler, affiner, on a du temps. Jouer devant un public est excitant. Composer est le plus gros travail, très astreignant.

CS : L’improvisation, le plus difficile à mon avis : tu es généreux, elles sont parfois longues et toujours surprenantes, on ne prévoit pas l’accord ou le rythme qui vont suivre. Cet effet de surprise au cœur de tes arrangements et impros est-il voulu ou instinctif ?
AO : Je ne veux pas rester dans un style, je recherche les différentes couleurs musicales. Je me place dans ma bulle et me plonge dans une sorte de transe.

CS : Tu touches à tout, tu aimes explorer : la musique funk, soul, musiques d’ailleurs…
AO : Je me lasse très vite, j’aime le challenge, remplir une mission.

CS : Quels sont tes projets pour le futur proche ou moins proche ?
AO : Continuer à beaucoup travailler et à écouter les musiciens de jazz vivants.

Le concert

Le concert a été riche et varié, axé sur des compositions autour de musiques de films, comme prévu. Le morceau d’introduction a été joué en douceur, tout en déliés, avec La chanson d’Hélène tirée des « Choses de la vie ».

La majorité des thèmes était interprétée sur des tempos lents et lyriques qui alternaient avec de nombreuses introductions ou séquences en pizzicato, technique qu’Alfio affectionne et réussit admirablement.

Ainsi le démontraient Le clan des Siciliens et Il était une fois dans l’ouest. La Strada une très belle pièce a été jouée sur des accords de blues.
Puis une surprise nous attendait pour la fin : quelques pièces interprétées avec le guitariste et jeune prodige grenoblois Noé Reine. Ils se sont d’ailleurs annoncés pour mai 2018.

Ont collaboré à cette chronique :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

X