(69) RhôneAmphiOpéra

12/01/2018 – « Danse de salon » à l’AmphiOpéra

« Il y avait comme un goût amer en nous, comme un goût de poussière dans tout… » pourtant l’appel de l’amphiOpéra était trop fort ce soir … Évidemment !

Mais qui est l’inconscient qui a donné une carte de blanche à Roberto Negro ?  ce pianiste est complètement barré on vous avez pourtant prévenu !

Lors d’une résidence ici même, il y a quelques années,  il nous avait déjà mis la tête à l’envers avec sa création « Loving suite pour Birdy so » qui embarquait avec bonheur la chanteuse Elise Caron.

Ce soir lors du premier set accompagné de son acolyte Théo Ceccaldi au violon il nous propose « Danse de salon ».

Comme ils l’avaient fait, tous les deux déjà, autour du prétexte « Mozart »dans une précédente création,
de danse de salon, ici, il n’en est question qu’à l’extrême marge.

Oui çà et là  on entend bien un bout de menuet, de valse voire de danse country ; mais la ficelle est grosse Messieurs! tout ça n’est que prétexte pour nous prendre en apnée au début du morceau et nous laisser une heure après ébahis, j’en conviens, après nous avoir entrainés dans un voyage musical ahurissant.

Deux enfants turbulents qui prennent un plaisir jubilatoire de leurs fantaisies voilà ce que nous avons vu ce soir. Il sont bourrés de talent les bougres et font preuve en plus, en toute simplicité, d’une grande rigueur.

Est ce du jazz? certainement; de la musique contemporaine ? pourquoi pas, qui embraquerait alors beaucoup d’autres styles musicaux : du rock, du folklore entre autre.

Ces garnements se sont nourris de toutes ces musiques pour nous délivrer une matière ébouriffante qui nous laisse béats.

J’aime beaucoup, pour ma part,  les musiques qui ne sont pas prévisibles qui sont capables de nous surprendre à chaque instant; nous voilà servis; ici on n’a pas bien le temps de rêvasser : Tout est possible tout le temps !

Au deuxième set Vincent Courtois au violoncelle et Julian Sartorius à la batterie les ont rejoints pour une splendide déambulation d’environ trois quart d’heure aussi. Deux nouveaux musiciens d’exception, tout autant fantaisistes, faisant de ce quartet une fantastique source de créativité instantanée.

Les enchainements se révèlent quelquefois plus mélancoliques dans cette deuxième partie ; de belles séquences de musiques répétitives y sont également introduites. Le tout emballe le public qui les ovationne en fin de set et obtient un rappel magnifique d’une composition tout en progression vers un pur moment d’apothéose.

« Si le bonheur existe, c’est une épreuve d’artiste » Michel Berger

Ont collaboré à cette chronique :

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