(38) Isère

13/01/2018 – Hervé Meschinet en quartet à Gières

Le 13 janvier 2018

Benoît Bertet Musique nous propose son week-end flûte jazz avec Hervé Meschinet, deux fois Django d’or, considéré comme un des meilleurs saxophonistes-flûtistes de sa génération.

Ce soir, nous sommes au concert, le clou du week-end ! Le maître s’est entouré de professionnels de la région, Luc Plouton au piano, Pascal Fancéa à la contrebasse et Lionel Grivet à la batterie.

La soirée est lancée avec vivacité sur C.T.A de Jimmy Heath. Hervé au sax, chaudement applaudi par un public d’amateurs éclairés, entraîne le groupe. Le piano virevolte puis s’échappe, enthousiaste. La contrebasse tente de le rejoindre, soutenue par la batterie. Le sax revient et relance la course folle. C.T.A ne fait-il pas référence à la compagnie ferroviaire américaine Chicago Transit Authority ?

Les jeunes enfants s’approchent aux pieds des musiciens, s’assoient, attentifs et ravis. Luc au piano lance Bouncing with Bud, Hervé revient avec son sax sur une très longue phrase qui pousse la mélodie de plus en plus haut tandis que le contrebassiste et le batteur, légers, reprennent le thème avec vivacité. Le morceau s’achève avec un sax et un piano éclatants !

Hervé revient avec sa flûte traversière pour Valse à Jeanne, écrit par le pianiste français René Urtreger en hommage à sa sœur qui fut aussi son imprésario. Légère, la flûte nous emmène ; elle roucoule furtivement d’abord, puis de plus en plus rapide.

Chaque morceau de cette soirée est interprété par toute la rythmique. Chaque instrument s’exprime et est mis en valeur. Hervé ensoleille chaque thème de son savoir-faire, laissant les spectateurs éblouis, comme pour Eté 42 où il joue de la flûte traversière avec une telle maitrise décontractée. C’est qu’il l’a si souvent joué avec l’orchestre de Michel Legrand ! L’expertise avec la noblesse des grands ! Le public adore !

Vient une ballade où le saxo souffle, clair, puissant, harmonieux tandis que le batteur frotte rapidement ses balais, titille doucement sa cymbale et le piano se presse à petits pas.

Quelques morceaux bien connus, emplis d’anecdotes, vous emmènent dans les couloirs des studios d’enregistrements. Voici Il est 5 heures, Paris s’éveille, arrangé par Hervé et ré-harmonisé par Alfio Origlio. Le corps du musicien se déroule et s’enroule en sifflant, la rythmique galope, la flûte les emmène vers les sommets. Quelle virtuosité !

Suivront, un blues, Down Home, joué au piccolo, Road Song pour satisfaire notre besoin d’évasion, mais surtout une invitation à une jeune flûtiste découverte lors de la Master Class de la journée : Florence Eymery. Hervé lance le morceau, rejoint par Florence qui poursuit seule, gentiment soutenue par la rythmique. Immédiatement, le public est conquis. Hervé revient, toujours vif, harmonieux. Le piano s’y met aussi, alerte. Les deux flutistes échangent leurs trilles, piaillent avec passion, ils s’égaient dans les Feuilles mortes. Quel plaisir !

Au final, sur une rythmique entrainante, l’échange des flûtistes nous épate, nous envahit dans un rap de bonheur !

Ne laissez pas passer ces moments d’enchantement. Ils reviennent les 3 et 4 février, pour un beau week-end de chant jazz avec Nadia Lamarche, toujours organisé par Benoit Bertet Musique.

Chantal Hardy

Ont collaboré à cette chronique :

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