Drôle d’oiseau que ce Jazz en Bièvre qui décide en ce début 2018 de se poser sur une nouvelle branche du grand arbre du jazz ! Jazz en fièvre ou Funk en Bièvre… Notre hôte est aux anges et remercie public et bénévoles sans oublier quelques partenaires dont la mairie de Montseveroux qui, pour la  quatrième fois, met à disposition une salle du château pour accueillir Cissy Street (près du fidèle sapin de Noël)…

C’est en tutti que le quintet entame Sang neuf*. Francis Larue, guitariste électrique et compositeur du répertoire, présente alors ses complices : Yachah Berdah à la trompette (beaucoup) et au bugle (un peu), Vincent Périer au saxophone ténor, Étienne Kermarc à la basse et Hugo Crost à la batterie. C’est ce dernier qui ouvre une nouvelle composition dans laquelle le public tape, de bonne grâce, un tempo soutenu. La déesse afro-caribéenne Yemanja* est ensuite honorée avant Éduc pop*. On flirte un instant avec le reggae dans Blind Blue. D’un format très rock,  A3* conclut le premier set avant que certains ne se désaltèrent ou se restaurent pendant que d’autres font l’acquisition du premier CD du groupe « Cissy Street », traduction ludo-phonétique des prénom et nom du leader…

Retour aux affaires avec Blamour et son groove serein initié par le batteur puis viennent ensuite deux hommages, au navigateur et scientifique Alain Bombard, Jiajia’s funk*, au saxophoniste Maceo Parker, L’hérétique*. Another world nous rapproche de la fin du concert et La Tour du Pouvoir fait  évidemment allégeance aux maîtres du funk californien Tower of Power.

Public debout à Montseveroux, un rappel s’impose ! Groovement malade* fait parfaitement l’affaire pour apaiser la fièvre qui sévit ce soir en Bièvre, d’aucuns esquissant même quelques modestes pas de danse sur le carrelage ! Ni Détroit, ni Philadelphie, le château isérois s’est cru capitale du funk avec cet impérial Cissy Street… Les grands riffs n’étaient pas en Afrique, mais dans l’Isère !

Avec Cissy Street, le courant passe, Francis et ses collègues ont tout compris au funk instrumental avec sa rythmique implacable, ses alternances de soli ciselés, ses unissons millimétrés, ses sons de  guitare Fender recherchés grâce à un efficace « pédalier », la chaleur et la brillance de ses cuivres, la rondeur et le groove de sa Fender basse, l’assurance sans faille de sa batterie. Rasé de près, le compositeur ne tire pas la couverture à lui et laisse de l’espace à ses comparses aux barbes plus ou moins fournies. On ne regrette pas le rapprochement musical entre Auvergne et Rhône-Alpes qui a permis la naissance de ce jeune groupe qui pourrait bien prendre son envol pour conquérir d’autres contrées amatrices de funk ! Le magazine américain Funkatopia a d’ailleurs classé leur album parmi les trente meilleurs albums funk de 2017…

*présents sur le CD.

Prochains rendez-vous de Jazz en Bièvre, Six Ring Circus le 23 février et on nous promet Célia, Alfio, Zaza le 23… mars !

Ont collaboré à cette chronique :

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