(69) RhôneLe Second Souffle

19/01/2018 – Gaby Schenke & Benoît Thévenot Duo au Second Souffle

Pour sa nouvelle rencontre en duo avec un pianiste, presque deux ans déjà (cf. https://archives.jazz-rhone-alpes.com/150302/index.htm#peregrinations) , c’est à Lyon que Gaby Schenke nous a donné à nouveau rendez-vous pour deux soirées, rencontre qu’elle a convenue avec Benoît Thévenot. Devant un auditoire qui ce soir n’était vraiment pas là que pour la musique, les improvisations complices vont se succéder. Pour cette première, ils ont décidé où sera leur terrain de jeux : c’est au milieu d’un bon nombre de standards du jazzz, mais pas ceux d’un Real Book redits, relus, interprétés, mais de ceux qui finalement ne sont plus tant joués, que se glisseront quelques-unes de leurs compositions personnelles. Elles passent tout naturellement, tellement à leur place ici, thèmes élégants, raffinés, des airs que l’on semble avoir toujours entendus et qui « cool » de source…

C’est le plaisir qu’ils ont à se découvrir, comme pour une parade de charme, qu’ils nous font partager. Les introductions volubiles, presque bavardes, sont une des marques de fabrique de Benoît, pour chacune c’est toujours le mystère, mais où veut-il nous emmener ? Il sait si bien poser un tapis harmonique pour ses propres improvisations et celles de ses compagnons de route… Les tempi seront modérés, les ballades sont leur choix pour leurs/nos balades de l’âme, il est comme une évidence d’avoir choisi Tom Harrell, Sail Away pour l’apéritif gourmand. Ils vont se jouer des harmonies et des nuances, du lyrique au cri très contenu et des rythmes aussi, le tempo particulièrement lent de leur Darn That Dream le fera ressembler à aucun autre. Gaby improvise, vole, butine les mélodies, particulièrement câline ce soir, gros son d’un ténor chaud résolument « classique », ses cris, ses rages, elle les garde pour d’autres circonstances. C’est comme une discussion du « café du commerce » qui s’installe désormais entre les deux amis avec leurs salves charmeuses : It Could Happens To You. C’est pour le deuxième set qu’ils proposeront leurs musiques, le dauphin, la non solitude, la piscine un petit Very Early vient se glisser entre eux jusqu’à ce splendide Prelude To A Kiss dans son jus, mais à l’hyper ralenti lui aussi, il devient tout autre.

Ces deux-là savent assurément ce qu’improvisation veut dire mais systématiquement hors des schémas établis qui font d’eux des musiciens passionnants et qu’il conviendra absolument de pouvoir écouter et non seulement entendre…

Ont collaboré à cette chronique :

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