chronique de CD

]FD’A Quartet[ : « Anadyomen’isthms »

François Dumont d’Ayot Quartet : « Anadyomen’isthms »*

Cadencé sur une fréquence triennale après « Upon’isthms » en 2012 et « Sphero’isthms »en 2015 voici maintenant « Anadyomen’isthms »,  le nouvel album de Francois Dumont d’Ayot Quartet qui vient compléter une trilogie unie par cette constante tout autant géographique que symbolique de l’isthme « reliant ». Cette fois à travers l’Anadyoméne c’est la mythologique Vénus sortant des eaux qui est pointée du doigt comme dans le tableau de Boticelli « la naissance de Vénus » incarnant la féminité et apportant ici à l’album une dédicace carrément féministe.

Si on en reste à la première impression on n’est  pas du tout dépaysé avec ce nouvel album toujours avec le même design de pochette très soigné et truffé de belles photos et d’informations éclairantes et stimulantes pour le lecteur auditeur. Du coté musical François Dumont d’Ayot fait toujours appel à six saxophones différents et une flute complété par la paire rythmique Maurade Meniri (guitares basses) et Attilio Terlizzi (batterie) alors que le quartet enregistre l’arrivée d’un nouveau membre Rémi Mercier (piano et claviers) qui relève haut la main le défi de renouveler le style musical du quartet en apportant pleins de nouvelles sonorités par des trouvailles qui apportent tout autant dépaysement qu’ enchantement aux cotés de la riche palette transmise par les différents timbres des saxophones.

Au fil des douze compositions de l’album on traverse temps, espace, éléments, personnages réels ou imaginaires toujours avec grâce, légèreté et sagesse.

L’album s’ouvre sur deux compositions évoquant comme le titre de l’album la mythologie grecque d’une part  Anthenenesong  avec  le géant Anté vaincu par Héraclès et le héros voyageur et fondateur Enée et d’autre part  Les Hespérides  détentrices des pommes d’or qu’ Héraclés (encore lui) finit par leur dérober. Le thème d’Anthénenesong  ondule allégrement au gré du sax soprano et des nappes appuyées de clavier, Avec « Les Hespérides » le ton est toujours joyeux et alerte avec cette fois l’utilisation d’un saxello et  une toute autre palette de sons de synthé. Avec Le coffre du mort   apparait le rarissime Conn-O-sax, ce morceau guilleret en diable se veut une suite de  Treize heures l’îlot de l’album précédent et il faut savoir y découvrir (comme souvent avec FD’A)  le clin d’œil à l’Ile au trésor de  Stevenson. Le saxophone baryton est de sorti pour l’hymne entêtant et trainassant Deal Lent autre clin d’œil affuté à la fois aux escargots qu’à un certain Bob prix Nobel de littérature « pour avoir créé de nouvelles expressions poétiques dans le domaine de la chanson ». Avec Naïve c’est la flute traversière et la basse acoustique qui sont à l’honneur avant un retour baroque du Conn-O-sax pour Coelacanthe@free et c’est vrai qu’il faut aller la chercher loin en profondeur cette cantate free avec sa ligne de clavecin et son accélération juste débridée à point pour nous faire gouter à l’ivresse des grands fonds . Pour la Marche Pygmée c’est le saxophone alto qui est à l’honneur  très vite complété par une basse grondante et  des claviers qui s’envolent dans un style très jazz fusion façon Weather Report grande époque. Evanescence avec le retour du Conn-O-sax se déguste comme un moment cool bien mérité avant une traversée rapide du petit royaume de Buzimir en compagnie des  sonorités dépaysantes du Strich (sax alto droit). Dans Ouverture au sax soprano les claviers de Remi Mercier se colorent de son d’orgue et de vibraphone pour aboutir vers ce qui pourrait bien être un perpétuel recommencement. Mini-Mona est une reprise du morceau du premier album, retravaillé ici pour  se charger de nouvelles sonorités notamment un superbe chorus de clavecin qui transcende complétement la composition et fait raisonner différemment la rythmique et le Conn-O-sax. Le dernier morceau de l’album Senequesong évoque bien sur le père du stoïcisme et mélange savamment soprano et flute dans une construction dense qui virevolte de toute part.

En résumé François Dumont d’Ayot Quartet continue avec ce troisième opus son œuvre originale et relève même le défi de faire encore mieux que dans les précédents en parvenant à se renouveler sans renier son attachement à toutes les musiques qui l’inspirent. A découvrir absolument si vous ne connaissez pas encore !

Disponible sur Amazon et toutes les plateformes.

* : label Great Winds distribution Musea Records

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