(69) RhôneSaint-Fons Jazz

02/02/2018 – « Odysseus Fantasy » au Saint-Fons Jazz

Ce soir le Saint-Fons Jazz invite l’imposant nouveau projet de Karim Maurice, « Odyseus Fantasy ».

Il s’agit d’une commande passée au compositeur par l’harmoniciste William Galison qui voulait montrer que l’harmonica pouvait tout à fait se prêter à ce genre de jazz « de chambre » très écrit.

Il est bien sûr question du second volet de l’œuvre d’Homère .

L’œuvre musicale (car il s’agit bien ici d’une œuvre musicale) suit la chronologie du livre.

Le trio de jazz (Karim Maurice au piano, Brice Berrerd à la contrebasse et Thibaud Pontet à la batterie) est complété par un ensemble à cordes La Camerata dirigé par Gaël Rassaert (violons, altos et violoncelles) et une harpe. Et bien sûr William Galison sur le devant avec ses poches déformées par les harmonicas.

 

Circé où il est question de la magicienne qui a pas mal ralenti Ulysse dans son retour « at home » et où William Galison nous montre dès les premières mesures que son pari est gagné. Une magnifique complémentarité entre son « orgue à bouche » et le reste de l’orchestre.

Blues for nobody où la référence au Cyclope est évidente. Ambiance poignante, suspense et délivrance.

Calypso symphony vous savez le moment ou pendant 7 ans a oublié de retourner voir sa femme

Justement celle ci l’attend et défait chaque soir sa tapisserie : Weaven undo.

On passe à la rencontre avec Eole, triste épisode ou l’infortuné Ulysse se prend un vent (désolé fallait la faire) : Do not open the Aeolus bag avec Thibaud Pontet à la batterie particulièrement inspiré.

Les sirènes imposent le port des bouchons sauf pour Ulysse qui veut succomber à When the siren sing, morceau envoûtant s’il en est entamé par Thibaud Pontet aux mailloches rejoint par le premier violoncelle puis les cordes sur un mode « angoisse  » et où l’harmonica finit de peindre le tableau.

Et arrive la délivrance avec Return to Ithaca.

Changement de rgistre pour le rappel avec Overjoyed de Stevie Wonder.

Une fois de plus* Karim Maurice nous aura bluffé par ce projet très abouti qui a enchanté, subjugué le trop maigre public qui avait fait le déplacement. Des amateurs éclairés, des professeurs de musique littéralement « scothés ».

La prochaine fois lâchez tout et filez découvrir cette œuvre.

 

 

 

* Voir la chronique Bernard Otternaud du 18 janvier sur le projet Koum Tara ou celle de Laurent Brun du 22 novembre 2017

Ont collaboré à cette chronique :

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