(69) RhôneLa Clef de Voute

22/02/2018 – Maxime Prebet Quartet à La Clef de Voûte

Première sortie en live de ce jeune quartet  et ça se passe à la Clef de Voûte, club qui a vu naître bon nombre de jeunes talents sous les baguettes attentionnées de Cédric Perrot, instigateur des incontournables « Junior Jam ».

Le leader de ce soir n’est autre que Maxime Prébet,19 ans, que nous suivons avec attention depuis plusieurs années et il officie au sax alto (ça aurait pu être la batterie, le vibraphone ou d’autres instruments). Il s’est entouré d’Elise Métra, 16 ans, au piano ; Tom Bain, 23 ans, à la batterie et Dorian Janin, 23 ans, à la contrebasse. Vous faites le calcul, le total donne 81 ans. « Aux âmes bien nées… ».

Ce soir le concert sera bop, évidemment. Ils ont baigné dedans depuis tout petits et n’en n’ont pas encore fait le tour.

Ça commence avec Reunion Blues du vibraphonisue Milt Jackson, suivi par Easy Walker de Billie Taylor. Sur ce morceau Maxime nous montre l’assurance qu’il a prise sur son instrument. Variations subtiles, vibrato bien placé, phrasé clair, enchaînements techniques « fingers in the nose »… et surtout pas de partition à l’horizon. Quelle maturité chez un si jeune musicien.

Changement de registre avec Ceora, la bossa de Lee Morgan conçue à l’époque (1965) comme un support à l’improvisation jazz.

Place ensuite à un autre grand maître, Dizzie Gillespie et son Groovin’High qui ne vole pas son nom. Il donne envie de claquer dans ses doigts, et d’ailleurs pourquoi s’en priver ? Tom Bain et Dorian Janin groovent fort derrière et l’ensemble est des plus entraînant.

Et on termine ce premier set qui aura filé très vite avec une autre composition de Lee Morgan Yes I can, no you can’t. Premier final en forme de feu d’artifice avec un chorus brillant au sax, puis Elise reprend les commandes avec tout autant d’efficacité. Le public applaudit en rythme spontanément. Yes I can a pris le dessus.

Après la pause on bascule sur du plus moderne avec une reprise de Isn’t she lovely de Stevie Wonder, un saut temporel d’une vingtaine d’années, rien que ça ! On reste dans la même année avec You’re the One for Me du guitariste Barney Kessel, encore dans l’esprit latin jazz. Puis le batteur et le contrebassiste quittent la scène pour laisser Elise et Maxime en duo sur Over The rainbow, le piano entame le morceau et le sax le rejoint, c’est langoureux à souhait. Le thème est très bien servi.

Retour à l’âge d’or avec un morceau de Terry Gibbs, autre vibraphoniste de renom : Pretty face pour finir sur le titre attendu.

En effet Maxime nous annonce avec une emphase non retenue un tube du « plus grand compositeur de tous les temps »…. vous aurez reconnu Benny Golson. Y’a polémique. Il aurait suffit de rajouter « vivant » au superlatif et ça passait. Qu’importe le quartet nous offre un très joli Whisper Not en guise de quasi final.

Le vrai final sera Buffo de Stefano di Battista.

Ce quartet de jeunes musiciens nous aura fait passer une belle soirée de jazz « classique » bien dans les clous.

Ont collaboré à cette chronique :

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