(69) RhôneLe Périscope

09/03/2018 – « Freaks » au Périscope

Monstrueux !

Oui, Freaks, le nouveau groupe du violoniste Théo Ceccaldi est tout simplement monstrueux, même s’il faut prononcer « freuacs » s’il on en croit son leader.
Sur scène en effet c’est une entité hybride entre un groupe de Heavy Métal et un sextet de jazz raffiné.
Un déluge de son s’abat dès l’entame du concert; un gros son produit par une bande de doux dingues bourrés de talent et d’énergie.
Le batteur Etienne Ziemniak participe grandement à cette apocalypse maitrisée, c’est un vrai batteur de rock façon John Bonham le regretté batteur de Led Zeppelin tout en puissance et en groove, et ça frappe dur, mais que c’est bon !

C’est peut-être un plaisir régressif, pourquoi pas ?! en tout cas c’est un vrai contentement de sentir ce bouillonnement de créativité et d’engagement.
Théo Ceccaldi a obtenu une victoire de la musique jazz comme révélation de l’année 2017; il participe à l’Orchestre National de Jazz, pour autant, loin de se reposer sur cette reconnaissance le voilà qui vient nous secouer dans nos certitudes sur l’ordre établi:
« tchou tchou , train train… bienvenue dans ta boite en sapin »

Tchou tchou c’est le premier morceau de leur album « Amanda Dakota » sorti en février qu’ils présentent ce soir: après ça les oreilles sont biens dégagées merci!

Les premiers moments de surprises passés, on se détend, de toute façon on sait désormais que tout peut arriver n’importe quand !

Le morceau Coquette Rocket arrive en fondu enchaîné comme pour nous achever avec un solo remarquable du saxophoniste Quentin Biardeau.

Le tout est d’une maitrise au cordeau comme si tout ça n’était que facilité et légèreté.

Il y a eu quelques moments d’anthologie avec des explications musclées entre saxophone, celui de Benjamin Dousteyssier cette fois, et batterie ou entre violon et batterie: des vrais performances où l’économie d’énergie n’est pas une option.

Le Périscope nous a gâtés pour fêter ses dix ans, ce choix illustre bien ces dix ans de défense de talents iconoclastes et de prises de risques.

De là-haut Didier Lockwood doit être ravi de voir que des talents reprennent le flambeau du violon jazz et abordent de nouveaux horizons comme lui n’a cessé de le faire.

 

Théo Ceccaldi : violon, claviers, voix ; Benjamin Dousteyssier: saxophones alto et baryton ; Quentin Biardeau: saxophone ténor, claviers ; Giani Caserotto: guitare électrique ; Etienne Ziemniak: batterie ; Valentin Ceccaldi: violoncelle, horizoncelle

Voir la chronique du CD « Amanda Dakota »

Ont collaboré à cette chronique :

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