(38) IsèreHiboubox

16/03/2018 – Michel Fernandez quartet au Hiboubox

Les derniers assauts d’un hiver qui ne veut pas laisser la place au printemps ne nous découragent pas de monter à Villard-de-Lans au Hiboubox pour profiter d’un concert  de jazz dans l’ambiance cosy d’un chalet de montagne. Affronter la pluie qui hésite à former des flocons n’est rien au regard du plaisir de revoir Michel Fernandez et son nouveau quartet. La musique de ce quartet fait l’effet d’un plat ou d’un vin auquel on n’a pas goûté depuis si longtemps, au point de l’avoir presque oublié. Et pourtant, à la première bouchée, tout revient, texture, saveur si familière, les amis, la famille, l’ambiance, tout remonte !

Michel Fernandez (sax), Joël Sicard (piano), François Gallix (contrebasse) et  Nicolas Serret (batterie) ne sont pas nés de la dernière pluie (toute récente, elle !). Chacun de leur côté, ils cumulent des belles et de fortes expériences musicales. Concerts au quatre coins du monde, rencontres musicales et humaines. Leurs concerts racontent l’histoire des clubs de jazz où il fallait enchainer les sets et où la nuit devenait amie, amante, passion, destruction, …

Le quartet de Michel Fernandez présente « Brazza cry », album enregistré en juin 2017 sur le label Futura et Marge. L’univers musical est envoûtant. L’énergie, d’abord contenue, se libère peu à peu et le public, venu se détendre autour d’une bière ou d’une pause gourmande de début de week-end, repose son verre ou sa fourchette et entre peu à peu dans la transe, subjugué par le niveau technique et la cohésion de ce quartet.

Les compositions de Michel s’accordent parfaitement avec celles de Don Cherry ou de Fela Kuti. Seven for Tchicai, hommage à son mentor, John Tchicai, est un hommage au courant free des années 60-70. Le free-jazz n’est pas cette musique folle et déstructurée qui fait tant peur aux néophytes. Si la musique de ce quartet est free c’est qu’elle est libre et belle !

Les longues lamentations saxophoniques de Michel Fernandez ouvrent des fissures, pénètrent l’âme. Joël Sicard est toujours à l’affut pour placer une nappe de notes, amener une touche plus gaie. Mais attention, François Gallix et Nicolas Serret veillent. La section rythmique du Magnetic Orchestra maintient le champ d’attraction.

Dehors, la neige commence à tomber. L’hiver a encore gagné la partie ce week-end. Il ne le sait pas, mais il devra pourtant bientôt laisser sa place!

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