(69) RhôneÇa Jazze Fort à Francheville

24/03/2018 – Chansongs Monsieur Nougaro à Francheville

Fort belle initiative du Festival « In Voce Veritas » en collaboration avec l’association « Ça jazze fort à Francheville » que d’offrir une soirée jazz aux amateurs de belles voix ! Il est vrai que cette semaine, nous avons eu droit à la présentation de « Jazz à Vienne » et son attendue « tapisserie d’humanité ». Semaine aussi d’une bien discrète Journée de la francophonie et qui mieux que Claude Nougaro pour en montrer les plus beaux assemblages lexicaux… « Y’avait une ville, et y’a plus rien ! » aura ce soir des accents de regret en ce début de printemps, saison qui, il y a quelques années, commençait en « À Vaulx Jazz » pour se conclure en « Fort en Jazz ». D’aucuns ont décidé de nous en priver… D’autres sont entrés en résistance et la salle Barbara de l’Iris franchevillois retrouve régulièrement ses notes de jazz. 

C’est la troisième fois que je savourais « Chansongs ». Après le plein air vespéral du festival « À cours et à jardins » et la quiétude nocturne du Bémol 5, il était temps de l’apprécier dans l’acoustique d’une salle de concert. L’écrin de l’Iris me semblait idéal. Je ne fus pas déçu !

Clélia Bressat-Blum, au piano, Maurade Meniri, à la basse acoustique, Yvan Oukrid, à la batterie et David Bressat à l’orgue Hammond entament Tango pour Claude en instrumental pour accueillir la voix de Géraldine Lefrêne qui descend l’escalier en chantant Splaouch. Le quintet nous fait feuilleter un dictionnaire amoureux du petit taureau toulousain : Bidonville, Le cinéma, La pluie fait des claquettes, Le coq et la pendule, Chanson pour le maçon, Clodi clodo, Les mots, Marie Christine, Harlem, Toulouse, Allez-y les bergères, Rime, Il y avait une ville, Le chat, Une petite fille et L’île Hélène se succèdent. Un Blue Rondo A La Turk sans voix, quelques citations parlées dont J’ai envie d’écrire et Cher Nougaro, composition originale,  Avec les anges (chanson préférée de Claude) émaillent le concert.

Les cinq complices ne sont pas dans l’hommage compassé. Ils sont dans la célébration bien vivante. Les arrangements donnent de nouveaux éclats aux bijoux et aux perles sélectionnés. Un œuf-maracas pour Le Coq, des lunettes de star pour Marie-Christine, un passage au piano de David pour Harlem sont autant de clins d’œil rendant très présents les notes et les mots de Monsieur Nougaro !

Idéalement sonorisé par Nicolas et éclairé par Sidonie, cette prestation donne, enfin, tout son éclat au projet Chansongs. La voix de Géraldine se déploie, envoie, susurre, charme, caresse selon les mots qu’elle s’est si bien appropriés, ces « morceaux de Nouga » que l’on découvre et redécouvre à l’envi. Le piano et les chœurs de Clélia sont emprunts d’une grande délicatesse. Sous les doigts de Maurade, les cordes des basses (acoustique et électrique) et de la guitare ornent l’ensemble d’un soyeux habillage. Batteur invité*, Yvan assure efficacement la tenue de l’assemblage. Les claviers (Hammond et Nord) de David tissent un tapis chatoyant sur lequel chacun évolue en toute fluidité et complicité.

Prochains rendez-vous : Jean-Philippe Fanfant le 7 avril et Louis Winsberg le 1er juin pour que ça jazze fort à Francheville !

* en remplacement de Rémy Kaprielan.

 

Ont collaboré à cette chronique :

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