(38) IsèreLes Détours de Babel

27/03/2018 – Lüne 3000, Roberto Negro / Emile Parisien / Quatuor Béla à L’Hexagone de Meylan

…folie musicale à l’hexagone !!

Mardi 27 Mars l’Hexagone de Meylan, partenaire régulier des Détours de Babel, basculait l’espace d’une soirée en « scène nationale des musiques savantes et détonantes » avec un hommage exceptionnel rendu, tant par la forme que par la qualité, au compositeur Gyorgy Ligeti et ses « Métamorphoses Nocturnes ».

Le propos en était non seulement la présentation des « Métanuits » composé par Roberto Negro en duo avec le saxophoniste soprano Emile Parisien, véritable relecture de l’œuvre de Ligeti, mais aussi la rencontre de ces deux géants de l’improvisation avec le quatuor Bela référence absolue en matière de musique savante contemporaine pour la création et présentation d’une œuvre commune.

Organisée en trois parties, cette folle soirée nous proposa tout d’abord l’œuvre de Ligeti dans sa forme originelle interprétée par le quatuor Bela (deux violons, violoncelle, alto) dont la qualité d’interprétation et la virtuosité de chaque musicien électrisa le public, le laissant comme suspendu à chaque note, à chaque silence, à chaque vibration, dans le souffle de chaque interprète : un régal !!

Ensuite seulement vint « Métanuits » de Roberto Negro objet de la nième rencontre détonante avec Emile Parisien pour un duo de l’extrême musical comme ils en ont tous deux le secret, une rencontre entre deux des plus grandes « pointures » de la musique improvisée actuelle, deux délicieux musiciens poètes fous de la note et parfaits complices à l’inspiration sans limites.

Enfin dans un troisième temps Roberto Negro maître d’œuvre de la soirée nous proposa une toute nouvelle pièce écrite pour l’occasion, un requiem qui permit aux deux formations de s’exprimer ensemble pour un final éblouissant où le piano retrouva toute son identité percussive et se fit piano préparé digne d’un John Cage des grands soirs mâtiné d’un grain de folie supplémentaire celui d’un musicien burlesque et improvisateur génial.

Un final qui permit au duo de faire étalage de toute sa palette sonore avec un pianiste pour qui visiblement dans le son tout est bon qui se mue en note et devient composition : raclements, claquements, cris, vaporisations d’eau… sans oublier son complice Emile Parisien dresseur de saxophone soprano au lyrisme inépuisable, à la dextérité époustouflante, à l’engagement absolu. Un duo rompu à la fois au respect de l’écriture et à la folie de l’improvisation totale se mêlant à merveille et avec bonheur au jeu subtil, délicat et bien peu conventionnel du quatuor Bela pour un voyage permanent entre rires et larmes laissant un public enthousiaste et subjugué dans un état de sidération complète.

Ont collaboré à cette chronique :

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