(42) LoireJazz à Montbrison

28/03/2018 – Sarah McKenzie – Jazz(e) à Montbrison – Théâtre des Pénitents

Qui n’a jamais entendu Sarah McKenzie auparavant est d’emblée saisi par la pureté, la justesse et la vigueur de sa voix. Dès les premières notes, le swing s’installe pour un tour de chauffe avec I’m old fashioned, standard inoxydable interprété par les plus grands noms du jazz, titre qui colle parfaitement à l’artiste et au concert, par lequel elle affirme avec malice et impertinence son amour des compositions forgées à l’aune de la grande tradition du jazz. Chacun a droit à son premier chorus, Jo Caleb à la guitare, Sarah McKenzie au piano, Thomas Bramerie à la contrebasse et pour terminer un bon quatre/quatre avec Sebastiaan de Krom aux baguettes.
Day in, Day out enfonce le clou, le piano en contrechant de la voix par petites touches judicieusement posées. La coda s’étire, ouvre un espace de liberté et d’échange dans l’esprit du morceau ; de l’aveu même de l’artiste, ces codas ad lib en improvisations collectives permettent de sortir du cadre et laissent s’exprimer la créativité spontanée du groupe.
Changement de tempo avec Little Girl Blue, ballade sensuelle portée par la pulsion profonde et continue de la contrebasse, puis vient le délicieux Paris in the Rain, composition de Sarah McKenzie, pluie dansante en mode nuageux clair, qui se termine en gouttes d’eau qui tombent sur les pavés. The secrets of my heart, composé en hommage à Cole Porter, puis You and the Music, jalonné de petits chorus courts et denses, installent le groove en prélude à une séquence latine succulente : Quiet Nights en samba lente, nous permet d’apprécier le jeu particulièrement élaboré et bariolé de Sebastiaan de Krom aux balais, clave en l’air et cadences modulées. L’introduction tonitruante de One Jealous Moon ramène le swing sur le devant de la scène et se termine par une longue coda en anatole tout en questions/réponses fringantes et enjouées.
Le duo guitare/voix de Moon River est l’occasion de découvrir toute la finesse du jeu de Jo Caleb sur sa guitare à sept cordes qui apporte la profondeur qui sied à cette ballade qui se termine par une note finale tenue magistralement à la voix. Triste marque le retour aux rythmes chaloupés, suivi de De Nada, composition fidèle aux principes harmoniques et mélodiques d’Antonio Carlos Jobim.
Un petit swing avec Onwards and Upwards, marqué par un chorus mémorable du batteur (huit mesures de roulement en intro, huit mesures de roulement en conclusion, ça marque un territoire !) et The Lover’s Tune termine en beauté le set dans une ambiance afro-cubaine aux sons saturés de la guitare modale.
Le band ne se fait pas prier pour un rappel avec I’ve got the blues tonight, retour aux sources avant de se quitter le cœur léger.

Ont collaboré à cette chronique :

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