(69) RhôneLe Radiant

29/03/2018 – Marcus Miller au Radiant Bellevue

Six projecteurs bleus maintiennent la scène dans une pénombre bienveillante en attendant celui qui a vu le jour entre l’enregistrement et la sortie de l’album Kind of Blue. Cinquante-neuf ans plus tard, la tournée Laid Black fait étape au Radiant, salle ô combien polyvalente aménagée, ce soir, en mode « fosse & gradins ». Serviettes, bouteilles d’eau et set-lists sont mises en place. Tout est prêt ! Presque, on accorde les basses… On apporte la clarinette basse…

Il est 20h25, la salle s’éteint, une bande son se fait entendre, Marcus Miller saisit sa basse. The Blues (23 ans d’âge) plante le décor funk de la soirée, batterie, claviers, saxophone et trompette le complètent . La ligne de basse de Papa was a Rolling Stone des Temptations permet à Marcus de nous présenter ses musiciens : les deux Alex, Han au saxophone et Bailey à la batterie, Russell Gunn à la trompette et Brett Williams aux quatre claviers. Detroit (6 ans d’âge) reste dans la même veine : funk à fond. Introduit à la basse quatre cordes, poursuivi à la cinq, I Loves You Porgy de Gerschwin calme le jeu avant que Trip, Trap (nouveau né) ne revienne aux fondamentaux d’un funk cuivré. Le Radiant tape dans les mains ! Hylife (3 ans…) maintient le cap avant qu’avec quelques notes d’Amandla (29 ans…), Marcus n’évoque son père décédé tout récemment et ne lui dédie Preacher’s Kid (3 ans…) en soufflant dans la clarinette basse. Celle-ci ouvre le tube totémique Tutu (21 ans…) qui continue à la basse. « Merci Lyon ! À la prochaine ! » précèdent le salut des cinq musiciens, mais un chaud-bouillant Radiant obtient successivement deux rappels.

Blast (11 ans…) rassasie les amateurs de basse et de groove. Marcus et ses complices saluent à nouveau, quittent la scène avant qu’il ne revienne seul, assis sur un tabouret pour un long solo qui annonce  I’ll be there (6 ans…) conclu avec claviers et batterie vers 22h20.

La formation de ce Laid Black Tour  qui débute permet à Marcus Miller de revenir à l’essentiel d’un funk toujours impérial sans sombrer dans la facilité. Pour cela, les musiciens qui l’accompagnent sont d’une redoutable efficacité.  À la trompette, avec ou sans sourdine, Russell Gunn propose un jeu d’une grande amplitude aussi à l’aise dans le solo que dans l’accompagnement. Au sax alto, Alex Han prend toute sa part dans la qualité de l’ensemble, capable de riffs redoutables ou de soli foudroyants. Aux claviers, Brett Williams convoque les sons idéaux pour donner les couleurs désirées en allant du piano électrique à l’orgue en passant par une foule de nuances. Le batteur Alex Bailey ne fait pas dans la demi-mesure et sa puissance et son énergie ne faiblissent à aucun moment. Quant à Marcus, il reste le maître de la basse quatre cordes, même s’il consacre quelques minutes à la cinq cordes et à la clarinette basse. Certes, il use, sans abuser, des pédales à effets, mais ce sont surtout ses doigts qui font le boulot ! Il a toujours une main gauche d’une grande fluidité  sur le manche et une agilité des doigts sans égale de la droite avec ce pouce rompu aux slaps les plus endiablés !

Toujours aussi généreux, Marcus Miller et ses musiciens nous ont offert près de deux heures de musique dont un seul nouveau titre… Peut-être en aurons-nous d’autres le 3 juillet à Vienne ? D’ici-là, il aura fêté son anniversaire…

Ont collaboré à cette chronique :

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