En avant-première de la cinquième édition de leur Festival des 20, 21 et 22 juillet prochains, dont la programmation a maintenant été dévoilée, l’association du Poët-Laval, « Nuée de Jazz », proposait, samedi 7 avril 2018, à La Halle de Dieulefit, son « concert 2018 » avec la découverte du groupe Bloom, qui fut, une fois de plus, un choix judicieux de la part de Roland Corbelin et de son équipe.

Cette soirée, pour la deuxième année, était en partenariat avec le Carrefour d’Animation et d’Expression Musicale de Dieulefit qui, dès 19 heures, assurait la première partie devant un public vite conquis.

Pendant une heure et demie, professeurs et élèves se sont produits, d’abord avec choristes, puis dans une version sextet, emmenée par Didier Alix qui assurait le « vocal » de l’ensemble.

On sait que du bon travail est fait dans les écoles de musique. On en aura encore eu la démonstration brillante ce samedi, face au jeu rendu par les musiciens. Pierre Tordo au piano, Hughes Bozzetto au saxophone, Michel Souyri à la clarinette, Vincent Leenhnart à la contrebasse, Grégoire Perdriau à la batterie et donc, Didier Alix au chant, ont été plus qu’à la hauteur. Le sextet ne s’est pas encore trouvé de nom, mais la seule chose qu’on leur souhaite est qu’ils s’en trouvent un très vite, en persistant dans leur voie.

Il fallait bien un tel tremplin pour laisser la scène, dès 21 heures, à Bloom. Bloom qui monte en puissance, et commence à se faire un nom sur la planète Jazz, une planète dont les membres du quintet poussent volontiers les frontières, en direction d’autres mondes musicaux, pop, soul, et bien d’autres influences, qualifiées couramment de « musiques du monde ».

Le concept de Bloom est simple, sur le papier : trois voix, une contrebasse et des percussions. Mais, les cinq réunis, cette pseudo simplicité se mue en magie. Dès les premières notes, vocales ou instrumentales, le public se laisse emporter dans l’univers du groupe avec la sensation étrange de souhaiter que ce voyage n’ait pas de fin.

Derrière les voix, aussi différentes les unes que les autres dans leur force ou leur tessiture, se trouvent trois jeunes femmes qui, selon l’avis unanime, se sont maintenant engagées sur un long chemin musical : Laurence Ilious, Mélina Tobiana et Léa Castro (qui a remplacé Sylvia Walowski) réussissent sur scène de mêler leurs trois expressions vocales pour n’en former qu’une, de celles qui font se dresser les poils du corps. Mariage subtil de force et de grâce, qu’elles parsèment d’instruments divers, tambourin, ukulélé ou guitare. Le charme prend à la gorge et laisse le public, pour le coup, sans voix.

Et derrière ces trois voix, deux musiciens hors pair qui, aux commandes de leurs instruments, démontrent que, ensemble, ils déploient une bulle homogène qui nous happe. Nils Wekstein couple la batterie et les percussions de façon magistrale et Martin Guimbellot ne fait qu’un avec sa contrebasse, dont il fait donner le meilleur d’elle-même.

Prince, Baden Powell, entre autres, auront fait partie des « musiciens revisités » au cours de cette soirée. Parmi d’autres compositions personnelles du groupe, de Mélina, de Laurence, de Martin, qui auront fait de cette soirée un moment musical fort, merveilleux cadeau d’avant festival.

Ceux qui n’étaient pas là pourront retrouver Bloom en Drôme, dans le cadre du Crest Jazz Vocal : le 13 juillet prochain, à Grâne, et le 14 juillet à Upie. Et avant ça, ils se produiront le 27 avril à Vienne, le 28 avril au Bémol 5 à Lyon, et le 29 avril à Feurs.

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