(38) IsèreJazz Club de Grenoble

12/4/2018 – Georges V au Jazz Club de Grenoble

Ce jeudi soir, le Jazz Club de Grenoble accueille le quintet Georges V. Cet ensemble revisite pour notre plus grand plaisir les chansons de Georges Brassens. Tous les morceaux présentés se prêtent parfaitement à cet exercice et de là-haut Georges Brassens doit apprécier que ce groupe ait eu l’audace de s’emparer de sa musique pour la jouer en jazz.
Daniel Huck célèbre saxophoniste et scatteur s’est entouré de Jean-Marc Montaut au piano qui a fait les arrangements, de Pierre Guicquéro au trombone et des frères Pierre et Marc Verne à la contrebasse et à la batterie.
Avec Daniel Huck qui fêtait son entrée dans les septante ans et les autres musiciens présents cette soirée fût placée sous le signe de la bonne humeur et de la convivialité, il ne pouvait, bien entendu, pas en être autrement avec Daniel Huck sur scène.
C’est avec la chanson Marinette qu’a débuté ce premier set, intro binaire par la rythmique et thème présentée par le tromboniste. Ce premier morceau est à l’image de ceux qui vont suivre, Pénélope, Le parapluie, Brave Margot, Les copains d’abord et beaucoup d’autres. Les arrangements de Jean Marc Montaud sont riches et variés, les thèmes sont exposés par le tromboniste ou en duo avec Daniel Huck et nous avons eu droit à belles improvisations.

Le pianiste Jean-Marc Montaut nous a démontré à chacune de ces improvisations ses grandes capacités musicales. Elles sont très bien construites, collent parfaitement au morceau, le phrasé est mélodique, les suites rythmées d’accords, qui ne sont pas sans rappeler Erroll Garner, se succèdent avec bonheur. Il fait de très nombreux clins d’œil avec d’autres thèmes y compris classiques. Tout est présent pour captiver l’attention et l’approbation du public. Pierre Guicquéro avec son trombone pourrait faire penser qu’il est facile d’en jouer tant il maîtrise cet instrument. Que ce soit lors des expositions des thèmes avec une sonorité pleine de rondeur et d’expression ou lors des improvisations où il exploite toute la tessiture de l’instrument, Pierre Guicquéro surprend, étonne, intéresse, captive, émeut. Pierre et Marc Verne la fratrie qui amène le swing à cet ensemble exécute parfaitement sa tâche, les solistes peuvent être tranquilles ils peuvent laisser libre court à leur envies, la maison est bien tenue. Au delà de leurs capacités d’accompagnateurs, ils apportent leurs contributions de solistes. Les solos de Pierre à la contrebasse sont bien présents et parfaitement adaptés à l’environnement musical. A la batterie Marc a pu faire remarquer un beau travail de caisse claire lors de son solo dans Je Suis Un Voyou. Quant à Daniel Huck, il faut d’abord noter l’incroyable bonne humeur qu’il possède et qu’il sait communiquer au public, à le voir, tout le monde a le sourire. On ne sait pas à l’avance ce qu’il va faire, un solo à l’alto, au soprano, un thème chanté ou un scat endiablé, tout est bon pour emmener avec lui le public dans un monde ou la tristesse n’existe pas et où tout est prétexte à rire. Tout cela il peut le faire car nous sommes devant un grand musicien, qui possède une belle technique instrumentale et une belle créativité lors des improvisations. Mais c’est lors de ses scats qu’il étonne, on le suit dans son monologue, une histoire qui semble sans fin et qui tient le public en haleine.
Ce fut définitivement une très belle soirée à laquelle nous avons assisté ce jeudi.

Ont collaboré à cette chronique :

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