(69) RhôneMusée des Confluences

26/04/2018 – Trio Inédit au Musée des Confluences

En marge du désormais très officiel Jazz Day, au musée des Confluences ce sont des Jazz Days qui sont confiés au pianiste et compositeur, ex enseignant, Mario Stantchev. Ses recherches sont toujours portées vers les fusions de ses musiques de l’âme et comme l’on fait avant lui certains compositeurs dits « classiques » qui ont définitivement marqué la musique du XXème siècle, je pense évidemment à Bartók, Kodaly et quelques compositeurs russes également, c’est en allant puiser dans les racines des musiques folkloriques (chez nous ce terme est curieusement un brin péjoratif) traditionnelles qu’une face de son jazz original personnel s’élabore inlassablement, « fusion, ma chère fusion… »

De ce Trio Inédit il conviendrait désormais de le nommer Trio Trop Rare… En effet, c’est il y a tout juste quatre ans qu’il lançait ses premières salves énergiques et sensibles. Les amitiés musicales restent très fidèles avec notre pianiste, il y a une bonne trentaine d’années que Mario et Laurent Blumenthal se lancent des défis complices, nous en avions été témoins ; c’est avec son soprano courbe qu’il donnera avec tendresse les mélodies et les improvisations aventureuses que l’on a presque oubliées tellement il est devenu un musicien rare, bien trop rare…

Stoyan Yankulov est lui aussi un vieil ami du pianiste, usant d’une batterie, d’un tambour bulgare (tapan) et de quelques gongs vietnamiens qui trainaient au musée, il sera ainsi pour nous, la véritable découverte du soir. Percussionniste virtuose, il sonne véritablement tous ses tambours et toutes ses cymbales avec des baguettes diverses, des balais, ses paumes, ses doigts ; avec lui les rythmes traditionnels sont littéralement absorbés par ceux des jazz les plus aventureux, invention, ivresse, puissance, nuances, délicatesse, son travail est incroyable, sa virtuosité certaine passe largement en arrière de son discours aussi rythmique que mélodique.

Nos amis très complices vont jouer, s’amuser, délirer avec une désinvolture déroutante, les compositions de Mario, sautillantes, lyriques, mélodies obsessionnelles, cycliques ; recherches d’harmonies très originales aussi délicates que savantes et de rythmes très complexes bien loin des quatre temps traditionnels. Mario et Laurent adorent les citations, ils en parsèment leurs soli jusqu’à ce que finalement ils se décident pour jouer le thème, en vrai : de Frère Jacques en passant par Un Américain à Paris et par un de ces standards du jazz que mon très cher voisin et moi n’arriverons finalement pas à identifier, ils vont finir par prendre le train « A », c’est absolu ce plaisir que nous prenons immanquablement à l’écoute d’un classique aussi talentueusement revisité, le mot est très tendance.

Moment de grâce et de plaisirs dans cet auditorium confortable où le magnifique piano dans sa version la plus longue, le modèle Impérial de la maison Bösendorfer, sonnera voluptueusement, Mario Stantchev aura donné les basses qu’il fallait avec modération.

L’équipe technique des lieux est désormais parfaitement au point pour diffuser les sons et mettre en lumière le plateau mis en scène avec goût, sans ostentation, un bravo tout particulier qui se renouvellera pour le concert final de la résidence avec la chorale féminine venue de Bulgarie tout spécialement pour l’occasion, un autre régal des sens.

Ont collaboré à cette chronique :

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