(38) IsèreEsplanade Saint Vincent

27/04/2018 – Bloom à l’Esplanade St Vincent, à Vienne

Je suis allé chercher la définition du mot glamour dont on nous rabat les oreilles à longueur de temps lorsqu’il est question de parler de chanteuses de jazz, en mettant bien souvent en avant non pas les qualités vocales, musicales, des femmes mais plutôt leur attrait physique. Glamour : Type de sex appeal sophistiqué, caractéristiques de certaines stars. En musique, il y aurait un style glamour, glitter. Je préfère ne pas mourir idiot. Maintenant je saurai. Certaines femmes malheureusement se prêtent au jeu du glamour, certains groupes accentuent jusqu’à la caricature ce type de façon de se tenir et d’aguicher les hommes. Peut être aussi parce que les programmateurs sont bien souvent des hommes. Attention, je ne suis pas en train de dire qu’elles sont prêtes à tout. Et je ne suis pas non plus ni pudibond ni insensible au charme des chanteuses. En l’occurrence celles de Bloom.

Mais pour Bloom, ce n’est pas de cela dont il s’agit, je vous préviens tout de suite.

Déjà dans Bloom il y a deux hommes et trois femmes. Et j’espère pour elles et eux qu’ils mélangent les rôles, même à la ville, dans leur tournée, chacun faisant le ménage à tour de rôle, ou la vaisselle, ou les courses. En tout cas, sur scène, c’est le cas. Chacun abat un sacré boulot. Devant, trois filles qui vous instillent dans l’esprit leurs mélodies susurrées, chantées, contenues ou criées, à une, deux ou trois voix, de la manière la plus naturelle possible. Cela pourrait avoir l’air de rien, mais il y a un travail d’arrangement bluffant. Elles sont solistes, percussionnistes, les voix se croisent, s’emmêlent, se tuilent. La mélodie court de l’une à l’autre. Elles se font vent, orage, toute une gamme de nuances pour un effet sonore des plus complets et des plus magnifiques. Elles ont travaillé l’art de l’accompagnement et chaque morceau proposé est un bijou de composition vocale. Chacune a son timbre de voix et une amplitude qui permet toutes les combinaisons possibles. Quelle énergie.

Derrière, ça pousse. Le batteur percussionniste et le contrebassiste ne font pas de la figuration, ils seraient plutôt du genre impliqué. Merveilleux musiciens, accompagnateurs ou solistes, ils rajoutent à l’impulsion naturelle des filles pour une joie communicative immédiate. Le concert passe à toute berzingue et notre corps entre temps s’est mis à s’ébranler. On se surprend à taper du pied, s’agiter, swinguer avec le groupe et chanter. Avec Bloom, c’est le genre de concert qui te donne la banane, la niaque, la pêche et l’envie. Bloom, ça n’est pas que des chanteuses et des instrumentistes, c’est une entité qui fait corps, tantôt percussions latines, tantôt groupe de gospel ou de rhythm’n’blues.

Bloom, ça vaut le déplacement.  Assurément, comme un printemps généreux.

 

Laurence Ilous, Mélina Tobiana, Léa Castro: voix ; Martin Guimbellot: contrebasse ; Nils Wekstein: percussions

Ont collaboré à cette chronique :

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