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27/04/2018 – Susanne Abbuehl « The Gift » à l’AmphiOpéra

Retour des ampoules blanches en fond de scène, retour d’un public nombreux autour des tables rouges, Steinway &  Sons à jardin, sanza et micro au centre, batterie, bugle et trompette à cour, ça fleurait bon la belle soirée à l’AmphiOpéra !

Pour sa deuxième soirée de résidence, la chanteuse Susanne Abbuehl avait opté pour un répertoire rodé et déjà enregistré : « The Gift » où l’on retrouvait le pianiste Wolfert Brederode, le batteur Øyvind Hegg-Lunde et le bugliste-trompettiste Matthieu Michel. Essentiellement puisée dans l’album ECM de 2013 (où Olavi Louhivuori tenait la batterie), la set-list accueillit aussi des compositions nouvelles comme New Human et Windflowers , poème de Christina Rossetti, poète anglaise du XIXème, mis en musique. Elle rejoignait ainsi Emily Dickinson (Sepal) ou James Joyce (Sea, Sea !), présent sur Compass en 2006) dans le panthéon de celles et ceux que Susanne aime à interpréter.  En rappel, nous eûmes le plaisir d’entendre A.I.R. (All India Radio),  présent sur April en 2001, thème de Carla Bley issu d' »Escalator Over the Hill ».

La chanteuse suisse nous rappela sa complicité avec le pianiste néerlandais « depuis 25 ans », « depuis très longtemps » avec le bugliste suisse et « depuis 4 ans » avec le batteur norvégien. La connivence était parfaite et tous quatre concoururent à offrir un univers où tout tendait à être poésie. La voix parole, la voix instrument s’appuyaient sur un piano toujours délicat, un bugle feutré et une batterie toute en fines percussions. Tout ici était volupté. L’usage parcimonieux de la senza accentuait un instant cette sensation de quiétude poétique, tout comme les minuscules baguettes ourlaient les frappes d’une touchante subtilité. Le souffle du bugliste, pas toujours en recherche de notes, concourait à cette pure tendresse qui caressa nos tympans pendant une heure trente. Quand l’espace sonore était confié aux musiciens, la chanteuse occupait l’espace visuel en esquissant quelques mouvements de danse, en toute simplicité.

Rarement promesse fut aussi bien tenue : « The Gift » fut un cadeau, tout simplement ! Que les artistes en soient remerciés… Susanne, elle, ne manqua pas de remercier chaleureusement son sonorisateur, les techniciens et personnels d’accueil et le directeur de l’AmphiOpéra.

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