(69) RhôneHot Club

28/04/2018 – Mo’Drums au Hot Club de Lyon

Que voilà un concert très attendu au Hot Club.
On nous annonçait « le renouveau du Hard-Bop », rien que ça. Plus modestement, Siegfried Mandon, le batteur et leader du trio nous assure qu’il ne fait que s’inscrire dans la lignée de ses prédécesseurs.

Le concert débute par The moon train du trompettiste Woody Shaw. Le vibraphoniste David Patrois fermement accroché à ses archets nous met tout de suite dans le bain. Son instrument sera très présent tout au long du concert. Pas de round d’observation. Les trois rentrent de suite dans leur sujet. Un jazz précis, tracé au cordeau. La batterie est millimétrique. L’orgue de Damien Argentieri, « le régional de l’étape » nous précise le batteur, accompagne les deux solistes.

Le concert sera une alternance de reprises et de compositions comme ce Tribute to Bobby Hutcherson (disparu en 2016) un des vibraphonistes préférés de David Patrois.

Avec The midnight sun on calme le jeu, c’est une version bien perso de la ballade de Lionel Hampton. Une entame au vibraphone aux archets du meilleur goût puis toutes sortes d’effets avec des mailloches de différentes duretés et ensuite l’orgue par petites touches suivi d’une batterie très libre mais toute douce. Un ravissement.

Retour au présent avec Gargoyles (Gargouilles) du saxophoniste Walt Weiskopf.

Fin du premier set avec The last blues de John Coltrane qui comme son nom l’indique est un blues pur sucre que le trio prend à bras le corps et fait durer à satiété avec force chorus qui font bouger têtes et pieds.

Changement d’ambiance après la pause « carburant ».

On attaque avec Edda de Wayne Shorter puis une reprise très « libre » d’un morceau du batteur Jeff « Tain » Watts.
On délaisse le hard-bop « classique » pour un jazz plus impressionniste et personnel.

Cela se vérifie avec la jolie reprise de Grey and Visceral de John Scofield puis un thème trentenaire de Wynton Marsalis « avec une mesure à trois temps qui nous cause bien des soucis ». Perso je n’ai pas vu où.

On se dirige vers la fin avec une reprise de l’indispensable « Colossus » une des figure du genre, Sonny Rollins pour finir avec Two bass hits de John Lewis.

Ce concert s’inscrivait dans la série qui marque le 70ème anniversaire du Hot Club de Lyon. Après « Jonathan Kreisberg meets Nelson Veras » puis le quintet de Jeremy Pelt et avant la soirée Erik Truffaz du 5 juin, cette soirée hommage à l’un des courants les plus importants du jazz trouvait tout à fait sa place ici.

Ont collaboré à cette chronique :

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