(38) IsèreJazz Club de Grenoble

03/05/2018 – Eric Luter Quintet au Jazz Club de Grenoble

  1. Ce jeudi soir le Jazz Club De Grenoble accueille le quintet d’Eric Luter, musicien aussi à l’aise avec sa trompette qu’au chant ou au scat. Il s’est entouré de Christian Roy au saxophone alto et à la clarinette, Jean-Richard Dubuy à la guitare, Guillaume Dubuy au piano, le fils du précédent et André Wentzo à la contrebasse.  Eric Luter nous a concocté pour cette soirée un programme basé  sur les standards de jazz des années 30 et 40, qui lui convient parfaitement ainsi qu’aux autres musiciens du groupe.

A l’entame du premier set sur Route 66, première constatation, ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de batterie que ça ne swingue pas, au contraire tout en finesse et en énergie la rythmique entraîne et soutient les solistes, une belle performance.  Dès le début, Eric Luter prend le micro pour chanter de sa voix  chaude et un peu éraillée. Le public qui ne s’y trompe pas réagit très vite et une ambiance joyeuse et conviviale s’installe immédiatement dans la salle.  Christian Roy lors de son premier solo sur Route 66 impose tout de suite son style et sa très belle sonorité tout en finesse et en rondeur,  il construit parfaitement ses improvisations alternant les notes qu’il fait durer et les silences pour planter le décor puis ensuite fait monter la tension avec un superbe phrasé très mélodique  qui retient l’attention de toute la salle, quel musicien !  

Le set se poursuit par Ain’t Misbe havin’, Eric Luter seulement accompagné par la guitare de jean Richard Dubuy se lance dans la très belle introduction de ce morceau, un bon moment. Après le solo de Christian Roy, Eric Luter nous offre un joli solo de trompette ou l’influence de Louis Armstrong pointe, le pianiste Guillaume Dubuy enchaine habilement sur la dernière phrase d’Eric Luter pour entamer son solo ou il expose une mélodie en accord à la main droite démontrant une très bonne maîtrise de l’instrument.  Le set se poursuit par le thème Rosetta que chante Eric Luter mais cette fois en Français sur des paroles originales de Marcel Zanini où Rosetta devient « Rosette ma Rosette », inutile de dire que le public a particulièrement apprécié ces paroles pleines d’humour. Au début du deuxième set Denis Poitou rejoint le groupe sur Benny’s Bugle ou après l’exposition du thème il se lance dans une improvisation parfaitement dans le style, bien soutenu par les rifs d’Eric Luter et Christian Roy.  C’est dans ce morceau que Jean-Richard Dubuy improvise avec bonheur sur sa belle Gibson à caisse. Dans Honeysuckle Rose André Wenzo nous offre une très belle démonstration de son talent de soliste, laissant le pizzicato pour l’archet, une belle prouesse quand on connaît l’exigence de précision de cet exercice.

Pas moins de deux rappels pour  cet orchestre qui a ravi le public, Eric Luter terminant le concert sur un très beau What a Wonderful World chanté à la manière de Louis Armstrong, histoire que tout le monde parte de là avec le sourire.

Ont collaboré à cette chronique :

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