(38) Isère

04/05/2018 – Origlio / Reine / Regard / Desiderio Quartet au château de Bon Repos

Quelque Royal Chroniqueur a peut-être, sous les tours crénelées du château du Bon repos, à Jarrie en Isère, cultivé, entre deux services scripturaires rendus à sa Majesté, l’Art d’être Grand-père.
Pour l’heure, il s’y joue d’autres aubades, fantaisies et divertissements, puisque l’Association des professeurs de l’école de musique jarroise, en coopération avec l’association du Château, et le Jazz club de Grenoble, y organise de beaux concerts du jazz le plus actuel qui soit, bref réconcilie l’ancien et le moderne avec saveur et piquant.

Sous la cave voutée du Château en effet (en attendant la reconstitution d’une toiture et d’étages supérieurs qui cherchent leurs investisseurs), diablement éclairée, arnachée, équipée pour recevoir dignement un orchestre et son public, s’est donné vendredi 4 mai, un concert bien original, puisque au duo Alfio Origilio et Noé Reine, duo pour l’heure dument électrifié (Alfio s’est équipé de son Fender Rhodes et d’une kyrielle de dispositifs sonores ; Noé s’est pourvu pour la première fois d’une Fender Stratocaster) s’est adjoint une rythmique de choc avec Jérôme Regard à la contrebasse et Zaza Desiderio à la batterie.

Ce quartet donc (si vous comptez bien) s’est produit pour la première fois et devant une salle archicomble, archi-attentive, archi-enthousiaste réagissant comme un seul homme (monarchique, donc) aux soli, chorus, thèmes, compositions, harmonies, mélodies de troubadours heureux de se découvrir (Zaza-Jérôme se trouvent très vite dans des plans subtiles, musclés, toniques), redécouvrir, s’amuser réciproquement (Noé-Alfio)dans une belle complicité de jongleurs de mélodies, de joueurs de sons travaillés, sculptés, enrichis, comme un bon vin par la cannelle.

Nous avons pu entendre des compositions d’Alfio : Absyration (Sic), Ascendance, Mac Do c’est fini (la provocation culinaire du soir, un tango avant l’heure), ou de Noé (Squirrel, ou quelques compositions pour l’heure innomées). Nous avons pu goûter de superbes chorus de guitare et de Fender Rhodes, les relances virtuoses de Jérôme, la finesse de Zaza, qui en sage qu’il est veille, en maintenant la température à ne pas faire monter le volume sonore.

Une soirée splendide. Non, le jazz moderne, ne s’est pas arrêté au be-bop. C’est le jazz d’aujourd’hui.

Ont collaboré à cette chronique :

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