(69) RhôneAmphiOpéra

17/05/2018 – Stracho Temelkovski Quartet à l’AmphiOpéra

A quoi reconnait on un artiste, un vrai ?
Sans doute au fait qu’il trimballe son propre univers !?

L’univers musical de Stracho Temelkovski, en résidence à l’AmphiOpéra cette semaine,  est baigné d’abord par la culture des Balkans et plus précisément de la Macédoine, région de son enfance, il est aussi traversé par tellement d’influences qu’il en devient un objet totalement singulier.
Ce soir il pourrait s’agir d’un concert de “musiques du monde” catégorie un peu facile en guise de fourre-tout; pourtant j’aime assez cette idée dans le cas de Stracho Temelkovski tant il invente la musique d’un monde fantasmé, d’un monde idéal qui aurait vu fraterniser l’Europe, l’Orient et l’Afrique; avec le jazz comme principale vecteur de fraternisation.    

Stracho est un insatiable homme orchestre. Il est tantôt aux percussions tantôt à la  guitare basse ou à la viola voire tout à la fois. Pourquoi se limiter à un instrument quand on a deux mains, deux pieds et une bouche. Quand les mains sont prises par les deux guitares, il peut faire les “percus” avec sa bouche et ses pieds. What else ?
Malgré son talent l’exercice de style pourrait tourner à la démonstration s’il ne s’était entouré de trois pointures qui ne se font nullement oublier.

Ashraf Sharif Khan est le musicien le plus exotique du quartet venu du Pakistan avec sa sitar; quelques notes de son étrange instrument suffisent à nous transporter vers son ailleurs, la fusion avec les autres semblant étonnamment naturelle.
Le duo de choc, locaux de l’étape, Jean-François Baëz à l’ accordéon et Jean-Charles Richard aux  saxophones complète l’ensemble démontrant à chacune de leur intervention une entente qui tient elle du surnaturel.
Nous avons entendu ce soir des fanfares balkanes, des musiques de mariages et des mélodies plus mélancoliques qui pourraient évoquer la nostalgie et l’exil ; ainsi le voyage onirique côtoie d’autres voyages plus douloureux.
Le miel de la vie composition de Stracho évoque justement le fait que la vie n’a pas toujours le goût du miel, ce morceau en particulier se termine dans un délire collectif… un délicieux chaos.
Ce quartet a ravi un public clairsemé, quelques chanceux sortis les yeux encore brillants de contentement.
Stracho annonce le concert prometteur du lendemain “The Sound Braka”, où le quartet devient sextet : est ce bien raisonnable? non ! alors tant mieux!

Ont collaboré à cette chronique :

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