(26) DrômeJazz Action Valence

24/05/2018 – A JAV, les idées heureuses de Jean-Philippe Viret

Il y a des temps qui font événement : un jour la contrebasse se joint au violon, à l’alto et au violoncelle. Pour le son d’un quartet, un quatuor est né. La contrebasse de Jean-Philippe Viret rejoint “ses frères de cordes” (1). Le musicien enregistre Supplément d’âme en 2012 sous le label Mélisse, on y entend ses compositions de musiques de films mais aussi Les barricades mystérieuses. Ce morceau inspiré d’une pièce pour clavecin de François Couperin emporte le succès. Porté par les propositions de son entourage, Jean-Philippe Viret joue, relit, traduit, y revient mais autrement. Il s’occupe à trahir pour transmettre, de son lieu de rencontre, la musique de celui qu’on surnomme le Bach français.

Déjà le musicien du roi (1668-1733) innove, il publie sous un pseudonyme une des première sonate en trio composée en France, au croisement de la musique française et italienne, Philippe Beaussant dira de sa musique “Que de subtilité dans la manière dont s’enchaînent les accords, dont les dissonances, à peine effleurées glissent les unes sur les autres… et cette musique pourtant strictement écrite, semble éparpiller les sons au hasard de la fantaisie” (2). Cette musique baroque traverse les siècles et Jean-Philippe Viret (1959…) l’entend. Au croisement du baroque, du jazz et de la musique improvisée, notre contemporain nous offre un deuxième disque du quatuor : Les idées heureuses.

C’est sur la scène de JAV (Jazz Action Valence) que nous avons eu la chance d’entendre “une irrévérence à Couperin : libre et atonale, composée et improvisée” (1) par le quatuor “supplément d’âme” avec Jean-Philippe Viret à la Contrebasse, Vincent Ségal au violoncelle, Johan Renard à l’alto et Sébastien Surel au violon.

Passant sur le fil du monde qui surplombe le silence, portant au loin le son comme au-devant de nous.

Composé, décomposé, ténu ou enjoué –

Ils jouent à la rigueur de leur instrument

Portent haut leur corps et les rythmes

Les archets glissent, la main retient ou enflamme

Le son s‘enroule comme ils se fend…

Si ce soir, les mélodies se soumettent à la gravité du développement sonore, la musique de Jean-Philippe Viret ouvre au sens et je ne saurai répondre à la question du comment qui me taraude. Si on ne sait pas comment poser la question au compositeur, comment transmettre par la chronique ? Comment trahir ? Répétition ou rythmique ? Dilution ou parcours du flux mélodique ? Echappées atonales ?  A votre écoute peut-être…

 

  1. propos de Jean-Philippe Viret
  2. in Encyclopædia Universalis

 

 

 

 

 

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