(38) IsèreJazz Club de Grenoble

24/05/2018 – Pablo Campos Trio au Jazz Club de Grenoble

Ah oui ! Le jazz fait voyager !

Ma voisine, dans la salle de concert du jazz club de Grenoble à la MJC des Allobroges, rue Hauquelin, a cru un moment être  dans le son et le groove de ce cher New York où elle  rêve retourner ! Hé oui ! le “Pablo Campos Trio” l’a littéralement transportée dans un club de la capitale mondiale du Jazz (qui lui discutera ce titre, même si cela agace ou contrarie ?) avec son ambiance, ses couleurs… bref un trio méta-phorique au sens propre, voulu par le très new-yorkais Pablo Campos (chant, piano arrangement) le quasi new-yorkais (et un peu lyonnais) Philippe Maniez à la batterie, et le très jeune, suédois et parisien (les capitales bis du jazz- humour bien sûr, s’il vous prenait l’envie de sursauter) Viktor Nyberg à la contrebasse.

Ah le bonheur du swing ! “A la papa” ? Diront certains ! Oui mais assimilé comme ça ! Ouh, brillants modernistes ! Êtes-vous sûrs de faire tomber une cadence avec cette rigueur, ce brio cette précision, ce phrasé, cette délicatesse, cette mélodie, cette variété dans les figures ! Êtes vous sûrs de maîtriser les renversements harmoniques que propose Pablo, dans la lignée des grands pianistes, Garner, Oscar, Nat, Shearing  et les autres… Ça ne vous intéresse pas, soit. D’autres aussi s’en sont détournés, les Mc Coy, Keith et autres Chick ! (sans rien perdre du swing d’ailleurs). Mais bon. Pablo a choisi son style. C’est le “Great American Song book”, le “Real Book” des chanteurs. Style dans la ligne des Nat King Cole, soit le trio idoine. Et le bougre, il le fait plus que bien ! Une voix très agréable (et quelle justesse : des notes qui sont vraiment des notes, mais pas que !) ; une compétence pianistique puisée à l’école de Peterson et autre Eroll, et  ça swingue ! Oui ça swingue avec quel bonheur ! Des notes jouées au fond des temps… et les syncopes en sont vivifiées ! Non pas du sautillant frénétique mais du “time” assumé avec art. Ah le travail énorme pour arriver à cette perfection rythmique, à cette coordination des mains, de la voix…

Et le public jubile d’autant plus que la contrebasse (Pablo rend hommage à Viktor, ce magnifique contrebassiste (qui joue aussi avec Jacky Terrasson et quelques autres) est d’une merveilleuse justesse, avec un très chouette son –ah le Gallien Krueger ! la voix de son maître ! Zut, ce n’était pas un Gallien Kruger… ?) ; et qu’à la batterie, Philippe par sa précision, son sens de la perfection, quelques 4/4 et 8/8 plus que convaincants et un chorus de fin de concert qui n’a laissé aucune réserve, fait son éloge tout seul, rien qu’en jouant, avec le sérieux, la précision, la joie et la générosité qui le caractérisent (il est aussi arrangeur, compositeur, chanteur, etc, précise Pablo).
Et puis il faut dire que les thèmes choisis (I don’t know enough about you– Peggy Lee ; Ray Charles : You don’t know me ; Billie holliday : What a real moon light can do (ouf le tempo ! Oscar Peterson Put on a happy face, Judith Garland : By myself…etc) sont arrangés aux oignons !

Exquise soirée ! C’est décidé ! Ma voisine retournera à New York. “I’m a poor lonesome”… etc, etc…

Ont collaboré à cette chronique :

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