(38) IsèreJazz Club de Grenoble

31/05/2018 – Odeia au Jazz Club De Grenoble

Les musiciens n’étaient pas encore sur la scène de la salle Stendhal et c’est avec un certain étonnement que j’ai vu ce jeudi les instruments d’ODEIA. A droite de la scène une chaise entourée de pas moins de quatre instruments, une guitare classique, une guitare portugaise, une guitare se rapprochant d’un oud et un violoncelle, en suivant une belle contrebasse, un tabouret avec un micro de chant et sur la gauche de la scène une chaise et un violon. Avouez que ce n’est pas habituel de voir ces instruments qui se rapprochent plus de ceux d’un quatuor à cordes de musique classique que de ceux d’un orchestre de jazz. Les musiciens entrent sur scène, le micro de chant est pour Elsa Birgé, une chanteuse qui n’est pas au devant de la scène, voilà encore quelque chose d’inhabituelle. Nous avions Karsten Hochapfel aux guitares et au violoncelle, Pierre Yves Lejeune à la contrebasse et Lucien Alfonso au violon et à la guitare.
Oui, tout était curieux avec ce groupe, d’abord le choix des chants, pas de langue unique, du grec, du sicilien, du napolitain, de l’anglais du russe du français et j’en manque sans doute, ensuite des orchestrations originales et très riches où tous les musiciens ont leur place, et où les styles de la musique trad au classique et au jazz sont approchés tout ceci pour créer un son de groupe unique où la grande osmose qui lie les musiciens se dégage. Elsa au chant arrive avec la richesse de sa voix et sa grande tessiture à interpréter chacun des morceaux quelque soit le langage avec le style qui convient, on en viendrait presque à penser qu’il s’agit à chaque fois d’une autre chanteuse tellement l’interprétation varie.

Le premier set a commencé par une chanson en grec,  Diki mou ine i ellas , « quand tu bois de l’ouzo tu deviens aussitôt roi », l’introduction avec nos trois cordes violon, violoncelle, contrebasse, musique d’inspiration orientale puis la voix entre, douce, chaude, habitée par cette langue grec, le violon le violoncelle et la contrebasse se joignent au chant pour exposer le thème, le violon et le violoncelle improvisent avec beaucoup d’à-propos sur le thème. Chacun des musiciens comme pour Elsa va au delà de ce que de manière classique on peut attendre de lui, Karsten joue de la guitare portugaise avec un archet, Pierre Yves joue de la contrebasse avec un maracas dans la main droite ou la main gauche, le contrebassiste se fait percussionniste, quant à notre brillant violoniste ses interventions dans le micro ont donné au public de bons moments de détente.
Pour ce groupe, toutes les musiques sont sources d’inspiration de l’opéra les enfants de la commune par Kosma et Bassis en passant par Alifib, une interprétation libre d’un morceau de Robert Wyatt ancien batteur de Soft Machine, ils naviguent avec bonheur dans tous les genres, le groupe conservant toujours l’unité nécessaire pour produire une musique unique qui est celle d’ODEIA.

Le public a accueilli avec beaucoup d’intérêt d’attention et de ferveur la belle musique de notre quartet, ils ont clos le concert par une magnifique interprétation de la chanson de Mouloudji Un jour tu verras qu’Elsa Birgé d’une voix pure et cristalline chanta avec beaucoup d’émotion entrainant avec elle un public conquis.

Ont collaboré à cette chronique :

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