(26) Drôme

02/06/2018 – Jessica Rock Trio au théâtre du Calepin

Premier album pour le Jessica Rock Trio

 

C’est sur la scène du Théâtre du Calepin, “sur ses terres”, que Jessica Rock a offert la primeur “live” de son tout premier album, “A 1550”, un aboutissement certain pour le trio, mais pas forcément pour ses musiciens, qui ont déjà fait, individuellement ou avec d’autres formations, leurs preuves.

Issue de l’école du regretté Didier Lockwood, Jessica Rock a endossé, l’espace d’un soir, le costume de l’enfant du pays, mais c’est un costume auquel elle a déjà donné des dimensions beaucoup plus larges. L’enfant a bien grandi, et son nom prendra certainement, dans un futur proche, un autre rayonnement.

Autour d’elle, ou plutôt, vraiment, avec elle, deux musiciens hors pair : Maurizio Congiu à la contrebasse, et Thomas Domene à la batterie. Si la scène offre la vision de trois talents côté à côte, leur musique les fait se muer en un corps unique, animé par une complicité sans bornes ni failles, qui nous entraîne dans les couleurs fantasmagoriques de ce premier album.

Le titre, “A 1550”, peut interroger. A la vérité, c’est durant l’hiver 2014, alors qu’elle est en vacances à une altitude de 1550 m, que Jessica Rock va composer l’intégralité de ces sept morceaux, des compositions personnelles revisitées par la suite avec ses deux complices, Thomas et Maurizio.

A 1550 est aussi le titre-phare de cet album, né de plusieurs influences, autant jazzy que classiques. Car, au piano, on devine que l’apprentissage de Jessica Rock a connu divers stades, qui lui auront au final donné une palette complète de styles de jeu. Et même si l’album laisse penser qu’on est là véritablement sur du jazz moderne, la base est solide. Maurizio Congiu fait corps avec sa contrebasse, mais ça, on le savait déjà pour avoir déjà eu l’opportunité de l’écouter, sous d’autres cieux. Avec Thomas Domene aux percussions, c’est en plus le jeu subtil et juste qui fixe celui des instruments à cordes qui l’entourent. L’ensemble fait frissonner, à chacun des morceaux, et nous laisse sans voix.

“A 1550 est un constat actuel de ce que rendent mes compositions depuis 2014” dit Jessica Rock. 2014 étant l’année “officielle” de son entrée dans la musique professionnelle. Parce que, côté musique tout court, c’est depuis bien plus longtemps que l’on sentait pousser l’artiste. Et, pour beaucoup, la réalisation de cet album arrive comme une évidence, en regard de ce que la jeune pianiste nous avait proposé jusqu’alors. C’est aussi depuis 2014 que le trio s’est formé et, quatre ans plus tard, il s’est coulé dans le marbre. Le seul regret que l’on puisse avoir sur cet album est qu’il ne soit pas plus long… un album “entre jazz et musique de chambre” comme le résume le trio en parlant de son bébé.

A la vérité, c’est bien plus que cela : en plus de l’âme, une véritable “patte” est née, et gageons qu’elle fera son chemin dans le monde si complexe, mais si merveilleux dans ce qu’il nous donne, de la musique. Le trio s’est autoproduit. Sans doute un chemin obligatoire pour les jeunes talents qui s’aventurent dans la création d’un premier album. Viendra un jour où ils laisseront ce travail à d’autres, pour se consacrer à leur création pure. Ce qu’ils font déjà bien.

 

On retrouvera le Jessica Rock Trio au Festival de “Parfum de Jazz”, en Drôme Provençale, les 12, 13 et 24 août prochains, le 08 novembre au Jazz-Club de Grenoble, le 17 novembre au Théâtre du Rond-Point de Valréas, le 18 novembre à Montélimar, à nouveau sur la scène du Calepin.

Ont collaboré à cette chronique :

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