(69) RhôneLes Nuits de Fourvière

03/06/2018 – Fatoumata Diawara : Tournée Fenfo aux Nuits de Fourvière 2018

C’est Jupiter & Okwess, un groupe de Kinshasa qui ouvre les Nuits de Fourvière (voir les photos ici), le 3 juin, dans le beau cadre de l’Odéon avec autour et en arrière-plan de la scène une vue superbe de Lyon. Les rythmes sont tonitruants, il chante avec humour, danse et fait danser le public sur des airs de rumba, kwassa kwassa et soukous. L’ambiance est installée.

Quelques gouttes de pluie arrivent avec la reine de la soirée : l’étincelante Fatoumata Diawara à la guitare accompagnée de musiciens à la basse, guitare solo, clavier et percussions. Ça commence plus cool mais rapidement elle nous entraine dans des rythmes endiablés, elle danse et chante avec une voix impressionnante.

Elle a déjà un beau parcours et on entend qu’elle peut tout chanter du wassoulou à l’opéra en passant par le blues et le jazz. Actrice de cinéma puis au théâtre et à la comédie musicale, elle arrive à la chanson à l’instar de son amie Rokia Traoré. De belles rencontres et collaborations avec Dee Dee Bridgewater, Herbie Hancock, Bobby Womack par exemple. Après « Fatou », paru en 2011, « At Home » en duo live avec Roberto Fonseca à Marciac en 2015, elle rencontre M pour Lamomali. Il produira d’ailleurs « Fenfo », son album sorti le 18 mai avec Vincent Segal au violoncelle.

Fenfo, Something to say abordent ses thèmes de prédilection. Dans Kokoro, elle propose aux jeunes Africains un débat sur leur identité, leur culture. Morceau avec un beau solo d’orgue soutenu par les guitares.
Kanou Dan Yen évoque les obstacles de l’amour entre différentes ethnies. Le rythme s’accélère et la danse ressemble à une transe avec des petits cris par lesquels elle communique avec le public et l’au-delà.
L’orgue vient doucement faire l’intro de Negue Negue, Soul to Soul elle vient faire communiquer nos âmes. Petit hommage à Fela Kuti, l’afrobeat, et le public bat la mesure, transcendé. Puis elle rend hommage à Nina Simone et à sa voix unique.
Takamba rythme spirituel du Nord Mali, évoque la danse des chameaux et se danse de haut en bas. Les guitares suivent, font de beaux duos sur des textes prônant la paix et le droit à l’éducation pour tous les enfants.

Privée de sa mère à neuf ans, elle créera un terme pour les enfants qui grandissent sans dire maman : Sowa, titre qu’elle avait réinterprété en duo avec Roberto Fonseca à Marciac. Le rythme est plus soutenu et les musiciens s’en donnent à cœur joie.

Le blues du Mali n’est pas si loin de celui de Stevie Wonder, alors petite démonstration sur Higher Ground emmené par l’orgue et les percussions tandis que les guitares ne sont pas en reste.

Premier rappel, elle fait chanter le public et promène son micro au premier rang. Elle reviendra pour un deuxième rappel montrant un plaisir non contenu à offrir sa musique au public ravi qui monte sur scène pour danser avec elle. Merci Fatou pour ce beau moment de partage.

Ont collaboré à cette chronique :

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