(69) RhôneJazz à Cours & à Jardins

10/06/2018 – Jazz à Cours & à Jardins : claps de fin à l’Hôpital de Fourvière !

Fred Roudet solo

Les escaliers accueillent quelques fesses mélomanes, le parvis quelques auditeurs verticaux, le balcon n’en croit pas ses oreilles : un trompettiste l’a investi et souffle dans son instrument ! C’est de façon atypique que Fred Roudet a choisi d’ouvrir son solo : en plein air ! Et de l’air, il faut en souffler dans l’embouchure pour s’accommoder d’une balance au théâtre antique proche et des cloches déchaînées de la basilique. Pendant quelques mesures, Fred choisit de jouer avec ces dernières et l’effet est des plus sympathique, tout comme son usage ludique de l’instrument quand il souffle dans l’envers de l’embouchure ou directement dans la branche d’embouchure. Il aurait souhaité dialoguer avec les oiseaux, mais ceux-ci sont absents du paysage sonore de la colline qui prie…

On rentre dans la tiédeur de la cafétéria pour la suite du concert, en mode sonorisé. Grâce aux trois micros, le cornet s’offre un son stéréophonique du plus bel effet. Il en va de même pour la trompette en mi bémol « offerte par un ami musicien… plutôt destinée à la musique baroque », puis sa trompette habituelle en si bémol. « Une composition non-écrite » conclurait ce solo si le public ne demandait un rappel pour lequel Fred invite François Dumont d’Ayot à le rejoindre et partager avec l’auditoire un de ces moments d’improvisation que seuls les jazzmen savent offrir, trompette et sax soprano s’unissant à merveille !

 

Barocks’isthms avec le ]FD’A[ 4tet

FD’A reste devant les micros, Rémi Mercier rejoint piano et synthétiseurs, Attilio Terlizzi retrouve sa batterie. Quant à Maurade Meniri, il rejoint la coulisse pour troquer tongues, bermuda et t-shirt pour mocassins, pantalon et chemisette avant de prendre sa basse. FD’A présente le concert qui puise dans les univers baroque et rock…  Antidote ouvre le concert, le conn-o-sax est de sortie.  Sanza s’ouvre à la sanza (piano à doigts africain) et se poursuit au soprano. Le coffre du mort marque le retour du conn-o-sax. Avant Coelacanthe@free, Fred apporte des bouteilles d’eau aux musiciens ! Naïve voit l’arrivée de la flûte traversière. Dans Marche pygmée, Fred et sa trompette viennent se joindre à l’alto. L’inédit et chaleureux Silky Way, évoquant la route de la soie, se conjugue lui aussi en quintet tout comme TangoellanneMini-Mona et Sénèquesong. En rappel, un brillant arrangement du Chant des Canuts marque la fin de cette 7ème édition du festival à Cours & à Jardins. La colline qui travaille n’est pas oubliée…

Le quartet devenu quintet a revisité avec vélocité et efficacité un répertoire « barock’n roll » où le dynamisme n’empêche pas la finesse. La batterie énergique d’Attilio sert de base au groupe en totale complicité et complémentarité avec la basse de Maurade qui manie l’arpège et le slapping avec le même talent. Outre celui du piano à queue, le son du clavecin et d’autres plus synthétiques, Rémi fait montre d’une belle palette sonore et stylistique avec ses trois claviers. Quant aux moult saxophones et flûte de François, ils font toujours mouche alliant virtuosité et élégance. L’apport de la trompette de Fred ne manque ni de beauté, ni d’émotion au cœur de ce programme. Ce dernier a eu raison de répondre positivement à « l’ordre » de FD’A, il y a un an, d’ouvrir en solo la dernière soirée de la 7ème édition… même, si « en groupe, c’est encore mieux » !

Lecteurs, qui ratâtes, peut être, la 7ème, que ferez-vous, dans un an, pour la 8ème ?

Merci à André Mordant pour les photos

Ont collaboré à cette chronique :

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