(38) IsèreJazz en Bièvre

22/06/2018 – « Quand sonne Mehdi » et « Iray Trio » à Jazz en Bièvre

Quand la bise fut venue…

Le vent du Nord a eu raison du désir de plein air de François Ghani et de son équipe. Chacun reprend donc ses habitudes dans la salle d’honneur du château de Montseveroux. Sur scène, deux micros voix, quelques petites percussions, un violoncelle, une basse, une guitare, un oud, un ampli, deux retours, une grosse caisse électronique attendent le duo drômois Quand Sonne Mehdi.

Slam à l’âme.

Slammeur talentueux, Mehdi Dix joue avec les mots qu’il distille en flots impétueux ou en flows mélodieux, accompagné brillamment par le maître es cordes  Olivier Kikteff . C’est l’éponyme Quand sonne Mehdi qui ouvre le concert isérois. Olivier est à la basse tout comme il le sera pour La métamorphose et À chaque scène. Pour Au carrefour des cœurs fous, Indifférence et L’exilé, il prend la guitare puis  le violoncelle pour Aux frontières du réelLe métier qui rentre, et J’ai rien à dire. Le oud s’impose avec Chagrin de sable. Mehdi est en solo intégral pour Slam Alehkoum, Les Go et les Gars ainsi que Précaricature offert en rappel. Le spoken word est un art qui ne supporte pas l’à peu près. Mehdi y excelle et ses paroles font mouche. Sa poésie est bien vivante, bienveillante, humoristique, colérique, politique, joyeuse, radieuse, copieuse. Il use ici ou là de percussions telles casse-casse, krakebs, chord. Outre ses doigts sur ses cordes, Olivier active aux pieds des percussions électroniques (grosse caisse et tambourin). La musique nous fait voyager dans des univers variés accompagnant les mots ou prenant son autonomie. Le courant est passé avec un public conquis et participant à la demande de la voix ou des mains. Du jeu de mots au jeu de paumes, il n’y eut qu’un pas qui sut s’affranchir des frontières musicales abolies le temps d’un partage sans limite d’âges… Coup de chapeau au troisième homme du trio : Mika au son. (et merci à Bénédicte Wait pour la photo)

 

Retrouvailles…

Après six mois sans concerts (Liva Rakotoarison était dans son île), Iray Trio ne cache pas sa joie de se retrouver sur scène pour conclure la première saison de Jazz en Bièvre. Habituée du lieu (avec Six Ring Circus en février), Elvire Jouve s’installe à la batterie et Vincent Girard à la contrebasse. Après une ouverture autour de Thelonious Monk, revisitant Bemsha Swing, le trio propose des compositions originales qui sont issues de leur premier album. Se succèderont Pleine lune, Love song, Marevaka (titre de l’album), Ode to Björn, Réminiscences, P.A.Q. et Charming flowers en rappel. De la délicatesse à la frénésie, le groupe Iray (unité, en malgache) propose un répertoire riche en couleurs (Marevaka, en malgache) qui assume ses influences : une touche de Monk, un hommage à Esbjörn Svenson, un soupçon de maloya, tout est question de rencontres et de partages. Au piano, Liva est aussi à l’aise dans la ballade en douceur que dans le martèlement hypnotique des touches du piano. Idem pour Vincent qui fait bon usage de l’archet quand il ne promène pas ses doigts efficaces sur les cordes de la contrebasse. Elvire montre l’étendue de sa palette, à mains nues, aux baguettes, aux balais, aux mailloches, pieds nus sur les pédales de grosse caisse et de charleston, elle caresse ou frappe avec la même précision, la même conviction, toujours au service des compositions.  Ces trois là se sont bien (re)trouvés et les spectateurs de Montseveroux ont même pu acquérir Maraveka avant sa sortie officielle…

Avenir (r)adieux…

Le recto des tee-shirts arborés par les bénévoles affichait le programme de la seconde saison de Jazz en Bièvre et ce sont sept concerts qui nous seront proposés entre la Saint Dimitri 2018 et la Saint Irénée 2019. Guettez nos agendas…

 

 

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