(38) IsèreJazz à Vienne

05/07/2018 – Avishai Cohen “1970” au Théâtre Antique

J’adore cet artiste…
et pourtant j’y suis venu à reculons ce soir.
Avishai Cohen est un vrai artiste qui se renouvelle à chaque nouveau projet avec une grande fraîcheur ;
il est là où on ne l’attend pas . Du trio jazz moderne il passe à un groupe oriental puis à un ensemble incluant un quatuor à cordes en gardant toujours sa singularité.
Ce soir il nous présente son tour de chant ?! Oui lui le contrebassiste de jazz flamboyant s’est transformé en chanteur pop à l’occasion de son dernier album “1970” sorti l’année dernière.
Cet album est déroutant pour quelques-uns de ses fans- dont je suis- car là où jusqu’à présent  sa voix se limitait à quelques vocalises et quelques rares chansons parsemées dans sa production, il en fait ici la vocation première du projet.
“1970” est une collection de compositions personnelles et pas mal de reprises sans grande originalité dans les arrangements et leur interprétation. For no one des Beatles et Motherless child relèvent même de la maltraitance à mon sens.
Alors ce serait ça Avishai Cohen 2018: un chanteur un tantinet jazzy qui souhaiterait élargir son public ? Absolument pas.
Sur scène ce soir c’est à une toute autre réalité à laquelle nous avons droit pour notre plus grand bonheur.
En effet nous assistons à un vrai concert-spectacle digne du vrai showman qu’il a toujours été.
En live les musiciens ont plus d’espace, la musique est en liberté conformément au fondamentaux du jazz. Les quelques morceaux de l’album du soir sont magnifiés, notamment  It’s been so long qui dans une version allongée m’a complètement emballé. Avishai nous présente aussi quelques nouvelles créations enthousiasmantes comme When I am falling.
Il est, pour cette longue tournée européenne, accompagné par un groupe au son plutôt rock. Noam David à la batterie, Marc Kakon à la guitare et Shai Bachar aux claviers en sont l’illustration.
La très belle voix de la fidèle Karen Malka préserve l’ambiance orientale et accompagne le maestro qui chante de mieux en mieux, il faut le reconnaître.
La créativité est toujours en œuvre avec Avishai, il joue les Marcus Miller en se promenant avec sa  basse en mode slap, Marc Kakon, lui, se transforme l’espace d’un morceau en rappeur, en français, très convaincant.
Au premier rappel , un magnifique morceau de 2005 qu’on avait presque oublié Remenbering,  enchaîné avec le très festif  Vamonos Pa’l Monte propice à faire lever les foules … et ça marche.
Au deuxième rappel, oui il reste fidèle à Alfonsina y el mar seul à la contrebasse comme il en a l’habitude, et ça fait toujours mouche.
Avishai nous a dit que Vienne était la plus belle scène du monde et nous avons envie d’y croire, et de le revoir très vite avec un autre projet qui nous étonnera encore.
J’adore cet artiste…

Ont collaboré à cette chronique :

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