(38) IsèreJazz à Vienne

10/07/2018 – Sugaray Rayford au Théâtre Antique

Alors que la France mène 1-0 devant la Belgique et qu’il reste une vingtaine de minute à jouer (les smartphones chauffent un peu partout sur les gradins !), l’imposant Sugaray Rayford (qui tient plus d’un combattant super-lourd que d’un footballeur) prend informellement possession de la scène en discutant avec les premiers rangs pendant que ses six musiciens terminent sereinement leur installation, se sentant protégés par la décontraction de leur boss. Cette solide formation comprend le guitariste Gino Matteo, le clavier et orgue Drake « Munkihaid » Shining, les deux anciens cuivres d’Amy Winehouse, Aaron Liddard (sax) et Giles Straw (trompette), complétée par la rythmique Alan Markel (basse) et Lavell Jones (batterie).   

Il faut bien une telle équipe pour accompagner les évolutions du leader qui, parti du gospel traditionnel et du blues,  évolue aujourd’hui de plus en plus vers la soul tendance Stax Music  dans la lignée de son dernier album « The world that we live in » (Blind Faith records 2017). Comme il le confie en interview, il n’aime pas être mis dans une case ; à l’image d’un musicien comme Clarence Gatemouth Brown, il se revendique comme un musicien alliant soul, blues country et jazz dans l’esprit de l’Americana.

Mais c’est bien  un set sous le signe de la puissance qui sera livré ce soir, tant avec l’impressionnante voix de Sugaray Rayford que par l’accompagnement capiteux de l’orchestre où gronde l’orgue et étincellent les cuivres autour de la guitare incisive et malicieuse de Gino Matteo. Il invite le public à danser sur ses morceaux les plus funky, ne remarquant certainement qu’à peine qu’à la fin de son troisième morceau des voix s’élèvent dans les gradins tout autant pour célébrer l’accession de la France à la finale que pour l’applaudir. Le public est maintenant disponible pour s’émerveiller sur I play the blues for you dans la plus pure tradition Stax et Albert King. On survole l’album « The world that we live in » avec le morceau Take me back de façon toujours aussi efficace et musclée avant de terminer sur un bref rappel avec  la participation de Marquise Knox, comme pour célébrer la transversalité du blues noir américain quelle que soit la région d’origine des musiciens (Californie, Mississippi, Missouri ou Chicago…)

Encore une bonne découverte pour le public viennois.

Ont collaboré à cette chronique :

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