(38) IsèreJazz à Vienne

13/07/2018 – Morcheeba au Théâtre Antique

En un peu plus de 20 ans de carrière, et avec 9 albums studios à leur actif, les londoniens de Morcheeba ont largement contribué à façonner le paysage du trip-hop au milieu des années 90.
Tout comme Massive Attack, Portishead ou Tricky, le groupe explore les infinies possibilités aux convergences de la musique électronique, du hip-hop, du rock et du dub. Le trio original, composé des frères Paul et Ross Godfrey ainsi que de la chanteuse Skye Edwards, se distingue pourtant de ses pairs en optant pour un down-tempo empreint de légèreté et de sonorités colorées, là où les autres se lancent dans des compositions aux tons beaucoup plus sombres et mélancoliques.
Après de nombreux changements dans le line up : le départ de Skye, son grand retour, puis celui de Paul et les adaptations pour les tournées, c’est une version familiale du groupe qui se produit à Vienne ce soir. Dans la famille Morcheeba, je voudrais : la mère, Skye, au chant et au charisme ; le mari, Steve Gordon à la basse ; le fils, Jaega Mckenna-Gordon à la batterie ; l’oncle Ross à la guitare et le cousin éloigné Ben Cowen aux claviers, rhodes et hammond.

Majestueuse dans sa robe rouge, Skye mène la danse par sa présence et sa voix aérienne. Le concert s’ouvre sur Never Undo, premier morceau aussi du dernier album Blaze Away sorti en juin dernier. Un slow délicat et doucement mélancolique porté par les nappes d’orgue hammond et la wah-wah onirique signature de Godfrey. Une entrée en matière tout en douceur pour attaquer l’ascension céleste de cette rétrospective des 22 années de carrière du groupe.

Bien loin du cliché promotionnel dans lequel les icones du trip-hop auraient pu tomber avec un album tout frais en poche, Morcheeba est venu pour faire plaisir à ses fans avant tout. Les morceaux choisis sont ceux que le public rêve d’entendre, déroulés avec le sourire et l’envie de partager un moment un peu hors du temps, un peu magique, en ce soir d’été. Et là où certains tombent parfois dans des banalités malheureuses et semblent voler du temps à leur audience, les transitions sont pleines d’humour et contribuent à créer un lien avec le public. Et toujours le sourire d’une Skye rayonnante qui prend le théâtre par la main.

Le voyage se fait sans turbulences et traverse les années sans prendre une ride. De tubes en découvertes, le groupe s’aventure dans leur reprise fétiche de Don’t Let it Bring you Down de Neil Young ou encore sur le morceau Light of Gold extrait de l’unique album sorti sous le nom de Skye & Ross. Tantôt fougueux et toujours poétique, un brin romantique, le concert continue sa route porté par la générosité des musiciens. Et toujours le sourire de Skye.

Le rappel se fera sur le morceau Sweet L.A., douce ballade interprétée telle une berceuse par le duo Skye / Cowen sous une pluie d’étoiles qui semblent danser dans les gradins du théâtre. Avant de conclure le concert sur un Rome Wasn’t Built in a Day magistral qui achèvera ce concert dans une énergie qui prédit encore de belles heures de fête à venir…  La soirée ne fait que commencer !

 

Pour les absents ou les nostalgiques, l’intégralité du concert est disponible sur Culturebox.

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